Le Bitcoin évolue en juin 2026 dans une zone de valorisation que plusieurs signaux historiques désignent comme attractive pour l’investisseur de long terme. Le cours teste sa moyenne mobile à 200 semaines, autour de 61 300 dollars, un support majeur observé lors de chaque marché baissier précédent. Dans le même temps, davantage de bitcoins sont détenus en perte qu’en profit, ce qui correspond à des points bas dans les cycles passés.
L’actif est aujourd’hui largement délaissé par l’attention médiatique, accaparée par l’intelligence artificielle. Or, c’est précisément quand personne n’en parle qu’une logique contrarian invite à s’y intéresser, à condition de raisonner en diversification mesurée et non en pari concentré.
Cet article décrit le signal du croisement pertes-profits, replace le moment dans la mécanique des cycles du Bitcoin, expose la thèse de réserve de valeur face à l’endettement des États, et précise quelle zone d’entrée et quel dimensionnement adopter.
Source : cet article est tiré d’une analyse de Chauncey Schmitt, Directeur Gestion Privée et analyste des marchés financiers chez Ingefii, dans l’épisode « Effet de levier x3, SpaceX à 95 fois ses ventes : le marché en surchauffe ! » du podcast Ingefii.
Points clés à retenir
- Plus de bitcoins en perte qu’en profit : 10,5 millions de bitcoins sont détenus en perte contre 9,8 millions en profit, un croisement rare.
- Support à 61 300 dollars : le cours teste sa moyenne mobile à 200 semaines, un support majeur observé à chaque marché baissier précédent.
- 5e test du support : les quatre précédents tests de la moyenne à 200 semaines ont offert des points d’entrée favorables aux investisseurs patients.
- Correction d’environ 50 % : le cours a reflué de moitié depuis son sommet de 126 000 dollars atteint en octobre 2025.
- Cycles de 4 ans : le Bitcoin évolue par séquences d’environ quatre ans rythmées par le halving, le cycle ouvert en 2024 étant en phase de correction.
- Logique de diversification : la zone 50 000 à 60 000 dollars peut constituer un point d’entrée pertinent, en dimensionnement mesuré et compte tenu de la volatilité.
Sommaire
- Que montre le croisement entre bitcoins en perte et en profit ?
- Le support de la moyenne mobile à 200 semaines
- La mécanique des cycles de 4 ans et du halving
- Pourquoi ce moment a coïncidé avec des points bas
- La thèse de réserve de valeur face à l’endettement
- Quelle zone d’entrée et quel dimensionnement ?
- FAQ : Bitcoin et zone de valorisation
Que montre le croisement entre bitcoins en perte et en profit ?
Le signal marquant de juin 2026 est un croisement de courbes. Un graphique de Glassnode superpose depuis 2010 le prix du Bitcoin, la quantité de bitcoins détenus en perte et la quantité détenue en profit. Pour la première fois depuis plusieurs mois, davantage de bitcoins sont détenus en perte (10,5 millions) qu’en profit (9,8 millions).
Pourquoi ce croisement est un indicateur de découragement
Quand autant de détenteurs sont en perte qu’en gain, le marché traverse une phase de découragement. C’est le moment où les mains les plus fragiles capitulent, c’est-à-dire vendent par lassitude ou par peur après une longue baisse. Cet épuisement des vendeurs est paradoxalement un signal favorable pour le long terme, car il réduit la pression vendeuse restante.
L’anecdote qui illustre la capitulation
Un épisode récent résume bien cette phase : le groupe Strategy, connu pour ne jamais vendre, a cédé pour la première fois des bitcoins depuis 2022, ce qui a heurté le marché. Quand un détenteur réputé inébranlable finit par vendre, cela traduit souvent l’intensité du découragement ambiant. Ce type de comportement extrême, où la lassitude l’emporte sur la conviction, marque historiquement les phases de capitulation.
Le support de la moyenne mobile à 200 semaines
La moyenne mobile à 200 semaines est la moyenne du cours du Bitcoin sur les quatre dernières années environ, qui agit comme un support technique de long terme. En juin 2026, le cours est revenu tester cette moyenne, située autour de 61 300 dollars.
Pourquoi ce niveau est un support majeur
Ce support a été observé lors de chaque marché baissier précédent. À chaque fois que le cours est revenu sur cette moyenne, il a marqué une zone de bascule. Il s’agit du cinquième test de la moyenne mobile à 200 semaines, et les quatre précédents ont offert des points d’entrée particulièrement favorables aux investisseurs patients. Ce repère ne constitue pas une garantie, mais une zone statistiquement intéressante au regard de l’historique.
L’ampleur de la correction depuis le sommet
Le cours a reflué d’environ 50 % depuis son sommet de 126 000 dollars atteint en octobre 2025. Cette correction de moitié replace le Bitcoin dans une zone basse de son cycle, loin de l’euphorie qui régnait au plus haut. C’est cet écart entre l’attention maximale de fin 2025 et l’indifférence actuelle qui dessine le contexte contrarian.
La mécanique des cycles de 4 ans et du halving
Le Bitcoin évolue depuis ses origines par cycles d’environ quatre ans, organisés autour de l’événement du halving. Le halving est ce rendez-vous qui divise par deux le rythme de création de nouveaux bitcoins, réduisant mécaniquement l’offre nouvelle.
Comment se déroule un cycle type ?
Chaque cycle a suivi un schéma comparable : une phase d’expansion d’environ trois ans menant à un sommet, puis une phase de correction d’environ un an qui ramène le marché vers ses points de capitulation. Nous nous situons aujourd’hui dans la phase de correction du cycle ouvert en 2024. Selon cette mécanique, le cycle de quatre ans est censé se terminer aux alentours du mois d’octobre.
Une limite d’offre qui soutient la thèse
Le Bitcoin présente une caractéristique rare : sa quantité totale est plafonnée à 21 millions d’unités. Cette rareté programmée, renforcée par chaque halving, est l’un des piliers de la thèse de long terme. Contrairement aux monnaies traditionnelles, dont la quantité peut augmenter, l’offre de Bitcoin est connue et limitée. Cette logique de rareté rapproche le Bitcoin d’un actif de réserve, à l’image de l’or, dont l’intégration dans une allocation patrimoniale répond à une logique de couverture.
Pourquoi ce moment a coïncidé avec des points bas
Le moment où autant de détenteurs sont en perte qu’en gain a, lors des précédents cycles, souvent coïncidé avec les points bas des marchés baissiers. La convergence de plusieurs signaux renforce la lecture de ce moment comme une zone d’intérêt.
La convergence des signaux historiques
Trois éléments se rejoignent : le croisement des courbes pertes-profits, le test du support de la moyenne mobile à 200 semaines pour la cinquième fois, et la position dans la phase de correction du cycle de quatre ans. Aucun de ces signaux pris isolément n’est une certitude, mais leur convergence suggère que le Bitcoin évolue dans une zone qui s’est révélée intéressante pour les investisseurs de long terme.
La nuance du contexte macroéconomique
Une réserve importante doit être conservée : le contexte macroéconomique actuel diffère des cycles passés. Il est marqué par des taux élevés et un choc pétrolier récent, deux facteurs absents des cycles précédents. On raisonne donc en zone de valorisation attractive, et non en appel à acheter le point bas précis. Cette prudence rejoint la lecture contrarian des flux que nous appliquons aussi aux marchés actions, comme dans notre analyse des flux records vers la tech, où l’euphorie devient un signal de méfiance.
La thèse de réserve de valeur face à l’endettement
Au-delà des signaux techniques, le Bitcoin répond à une thèse de fond : il offre une couverture potentielle contre le risque de dévaluation des monnaies traditionnelles. Cette thèse prend du relief dans un contexte d’endettement élevé des États.
Pourquoi l’endettement nourrit cette thèse
Les déficits budgétaires atteignent des niveaux élevés partout, à l’image des États-Unis qui affichent encore 6 % de déficit alors même qu’ils sont en croissance. Normalement, un déficit sert à soutenir une économie en difficulté ; ici, il se creuse en période de croissance et avec des taux qui augmentent. Cette situation peut, à terme, faire peser un stress sur la confiance dans la monnaie, notamment le dollar. Un actif dont la quantité est limitée, comme le Bitcoin ou l’or, peut alors jouer un rôle de protection. Ce lien entre déficits, taux et politique monétaire est développé dans notre analyse des banques centrales 2026 et de leur virage discret vers le resserrement.
Un actif qui reste spéculatif
La thèse de réserve de valeur ne doit pas faire oublier que le Bitcoin reste, jusqu’à présent, un actif spéculatif et hautement volatil. Savoir l’aborder suppose donc de lire les codes des actifs spéculatifs : quand tout le monde en parle et projette des cours stratosphériques, c’est généralement le moment de prendre des profits ; quand personne n’en parle, comme aujourd’hui, c’est un moment moins risqué pour commencer à se construire des positions. Cette double nature, brique de diversification et actif spéculatif, doit guider son intégration mesurée dans un patrimoine, dans la logique de notre approche pour diversifier sans diluer la conviction.
Quelle zone d’entrée et quel dimensionnement ?
Il est impossible de désigner à l’avance le point bas exact, et ce n’est d’ailleurs pas l’objectif. Atteindre le point bas relève davantage de la chance que de l’analyse. L’enjeu est plutôt d’identifier une zone statistiquement favorable et d’y entrer avec méthode.
Quelle zone d’entrée privilégier ?
Pour ceux qui souhaitent s’exposer à cette classe d’actifs, la zone des 50 000 à 60 000 dollars pourrait constituer un point d’entrée pertinent, au regard des repères techniques observés. Le cours est déjà descendu momentanément très juste en dessous de 60 000 dollars. Il s’agit d’une zone d’intérêt, sans prétendre qu’il s’agit du point bas définitif, que personne ne peut connaître à l’avance.
Comment entrer avec méthode ?
L’entrée doit s’envisager strictement dans une logique de diversification et avec un dimensionnement mesuré, compte tenu de la volatilité propre à cet actif. La méthode la plus prudente consiste à entrer de manière fractionnée, sur plusieurs points, plutôt qu’en une seule fois. Le Bitcoin n’est pas un pari à concentrer, mais une petite brique de diversification dans une allocation. Cette logique d’actif délaissé rejoint celle observée sur le réarmement européen et la défense après la purge des cours : l’avantage de l’investisseur de long terme se construit rarement là où l’affluence est la plus forte.
FAQ : Bitcoin et zone de valorisation
Que signifie qu’il y a plus de bitcoins en perte qu’en profit ?
Cela signifie qu’à un instant donné, davantage de bitcoins ont été achetés à un prix supérieur au cours actuel. En juin 2026, 10,5 millions de bitcoins sont détenus en perte contre 9,8 millions en profit. Ce croisement traduit une phase de découragement où les mains les plus fragiles capitulent, et il a souvent coïncidé avec des points bas lors des cycles précédents.
Qu’est-ce que la moyenne mobile à 200 semaines du Bitcoin ?
C’est la moyenne du cours du Bitcoin sur environ les quatre dernières années, qui agit comme un support technique de long terme. En juin 2026, le cours teste cette moyenne autour de 61 300 dollars. Il s’agit du cinquième test de ce support, et les quatre précédents ont offert des points d’entrée favorables aux investisseurs patients.
Qu’est-ce que le cycle de 4 ans du Bitcoin ?
Le Bitcoin évolue par séquences d’environ quatre ans rythmées par le halving, qui divise par deux le rythme de création de nouveaux bitcoins. Chaque cycle comprend une phase d’expansion d’environ trois ans suivie d’une correction d’environ un an. Le cycle ouvert en 2024 est aujourd’hui en phase de correction, censée se terminer autour du mois d’octobre.
Le Bitcoin est-il une réserve de valeur comme l’or ?
Le Bitcoin partage avec l’or une logique de rareté : sa quantité totale est plafonnée à 21 millions d’unités. Dans un contexte d’endettement élevé des États et de stress potentiel sur les monnaies, cette rareté lui confère un rôle de couverture possible. Il reste toutefois un actif spéculatif et bien plus volatil que l’or, ce qui impose un dimensionnement mesuré.
À quel prix acheter du Bitcoin en 2026 ?
Aucun prix d’achat ne peut être garanti, car personne ne connaît le point bas à l’avance. Au regard des repères techniques observés, la zone des 50 000 à 60 000 dollars pourrait constituer un point d’entrée pertinent. L’entrée doit s’envisager en diversification, de manière fractionnée et avec un dimensionnement mesuré. Cet article ne constitue pas un conseil en investissement.
Pourquoi s’intéresser au Bitcoin quand personne n’en parle ?
Parce que le Bitcoin est un actif spéculatif dont les codes invitent à une lecture contrarian. Quand tout le monde en parle et projette des cours très élevés, c’est généralement le moment de prendre des profits. Quand l’attention médiatique se détourne, comme aujourd’hui au profit de l’intelligence artificielle, c’est un moment moins risqué pour commencer à se construire des positions sans rechercher le point bas exact.
Cet article est publié à titre informatif et reflète une analyse de marché à la date indiquée. Il ne constitue ni un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d’achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Tout investissement comporte un risque de perte en capital, particulièrement élevé sur les actifs volatils comme les crypto-actifs. Pour toute situation spécifique, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion de patrimoine.






