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ETF ou gestion active : ce que révèle le rapport SPIVA

Juin 1, 2026 | Patrimoine | 0 commentaire

Le choix entre ETF et gestion active oppose deux philosophies d’investissement : répliquer un indice au coût le plus bas, ou payer un gérant pour tenter de faire mieux que le marché. Le rapport SPIVA, publié chaque année, tranche une partie du débat avec des chiffres sans appel : en Europe, sur trois ans, 93 % des gérants actifs ne battent pas leur indice de référence.

Faut-il en conclure qu’il faut toujours préférer les ETF ? Pas si vite. Ce chiffre cache une autre réalité, celle des 7 % de gérants qui surperforment durablement, et la vraie question devient : comment y accéder. Cet article explique ce que mesure le rapport SPIVA, comment lire la performance et le risque d’un fonds, et pourquoi l’architecture du contrat conditionne tout.

Source : cet article est tiré d’une interview avec Chauncey, Directeur Gestion Privée du cabinet Ingefii, dans l’épisode « Comment investir comme un pro de la gestion de patrimoine (guide complet) » de la chaîne Ingefii.

Points clés à retenir

  • ETF : fonds sans gérant qui réplique un indice. Frais très faibles, mais impossibilité structurelle de faire mieux que l’indice.
  • Rapport SPIVA : sur trois ans en Europe, 93 % des gérants actifs ne battent pas leur indice de référence (souvent le Stoxx 600). Le constat est similaire aux États-Unis avec le S&P 500.
  • Les 7 % qui surperforment existent et sont identifiables : l’enjeu n’est pas de choisir un camp, mais d’accéder à ces gérants d’élite.
  • La volatilité mesure le risque : un fonds qui surperforme avec une volatilité égale ou inférieure à son indice fait mieux sans prendre plus de risque.
  • Performances nettes de frais : les fonds ont l’obligation légale de communiquer leur performance après frais de gestion, ce qui les rend directement comparables à un ETF.
  • L’architecture ouverte est la clé : sans accès à un large univers de fonds, impossible de sélectionner les gérants qui battent réellement le marché.

ETF et gestion active : deux logiques opposées

Un ETF est un fonds dont l’unique objectif est de répliquer un indice, sans gérant aux commandes. Il n’y a ni pilote à bord, ni équipe d’analystes derrière lui : il se contente de suivre la composition d’un indice de référence. Cette mécanique a une conséquence directe : l’ETF ne peut pas faire moins bien que son indice, mais il ne peut pas non plus espérer faire mieux. En contrepartie de cette absence de pilotage, ses frais sont drastiquement réduits.

La gestion active repose sur la logique inverse : un gérant et son équipe sélectionnent les titres dans l’espoir de battre l’indice. Ce travail d’analyse a un coût, ce qui explique des frais plus élevés. La promesse est claire : payer davantage pour obtenir une performance supérieure. Tout l’enjeu est de savoir si cette promesse est tenue, et à quelle fréquence.

Le faux débat des frais seuls

Comparer ETF et gestion active sur le seul critère des frais conduit à une conclusion biaisée. Les défenseurs des ETF ont raison de souligner leurs frais beaucoup plus faibles, et ces produits conviennent parfaitement à une certaine catégorie d’investisseurs. Mais la notion de frais ne peut pas s’apprécier sans la notion de service et de performance nette. Un fonds plus cher qui surperforme durablement son indice peut rapporter davantage, frais déduits, qu’un ETF bon marché. Le débat se rapproche alors de celui des frais d’assurance-vie qu’il faut négocier ou accepter selon le service obtenu.

Le risque caché de la gestion passive

Un ETF reproduit fidèlement la concentration de son indice, y compris ses excès. Lorsqu’un indice devient très concentré sur quelques valeurs, l’investisseur passif hérite mécaniquement de ce risque. C’est précisément ce que montre l’analyse des portefeuilles concentrant jusqu’à 20 % de leurs actifs sur Nvidia et TSMC, et plus largement la prudence requise face au rally du Nasdaq porté par une poignée de valeurs de croissance. La gestion passive n’est donc pas sans risque : elle expose pleinement à la dynamique de l’indice, à la hausse comme à la baisse.

Le rapport SPIVA : 93 % des gérants battus par l’indice

Le rapport SPIVA est une étude de référence qui compare, chaque année, la performance des fonds de gestion active à celle de leur indice. Son verdict est sévère pour la profession. En Europe, à échéance de trois ans, 93 % des gérants actifs ne parviennent pas à battre leur indice de référence. Autrement dit, plus de neuf gérants sur dix font moins bien que le marché qu’ils sont censés surpasser.

Quels indices servent de référence ?

Les fonds sont comparés à des indices larges et représentatifs. En Europe, la référence est généralement le Stoxx 600, qui regroupe les 600 plus grandes capitalisations du continent. Aux États-Unis, c’est le S&P 500 qui joue ce rôle, et le constat y est très similaire : une écrasante majorité de gérants actifs échoue à dépasser l’indice sur la durée. Ce chiffre de 93 % fait mal à la profession, et il alimente légitimement le succès des ETF.

Ce que ce chiffre ne dit pas

Le rapport SPIVA dit que 93 % des gérants échouent, mais il dit aussi que 7 % réussissent. C’est cette seconde lecture qui intéresse l’investisseur exigeant. La majorité écrasante des fonds ne justifie pas ses frais, mais une minorité bat régulièrement le marché. La conclusion n’est pas de renoncer à la gestion active, mais de concentrer ses efforts sur l’identification et l’accès à cette élite. Il ne s’agit pas d’être dogmatiquement pour ou contre les ETF : les deux supports ont leur intérêt, et parfois un ETF sera le meilleur choix.

Comment identifier les 7 % qui surperforment

Identifier un fonds de l’élite suppose de s’appuyer sur des données objectives, à commencer par les performances historiques. Pour sélectionner un fonds capable de faire mieux que son indice, il faut bien se baser sur quelque chose : la performance passée reste le point de départ le plus solide, même si elle ne préjuge pas de l’avenir.

S’appuyer sur des outils gratuits

Des plateformes gratuites permettent de comparer fonds et ETF en quelques clics. Un site comme Quantalys est accessible à tous, sans même nécessiter la création d’un compte professionnel. On peut y observer les performances historiques année par année, comparer un fonds à son indice et juger de sa régularité. C’est le même type de travail que celui mené par les professionnels, désormais à la portée de tout investisseur méthodique.

Le réflexe de comparer au marché

La première étape consiste toujours à regarder ce que fait le marché, puis à confronter le fonds à cet étalon. Prenons un ETF répliquant le Stoxx 600 : il a perdu environ 10 % en 2022, gagné près de 13 % en 2023, environ 5 % en 2024, et progressé d’environ 9 % depuis le début de l’année en cours. Ces chiffres servent de référence pour juger n’importe quel fonds actif positionné sur le même univers. Un fonds qui ne fait pas mieux que cet ETF, frais déduits, ne justifie pas son surcoût.

Lire la performance et la volatilité d’un fonds

Évaluer un fonds suppose de regarder non seulement sa performance, mais aussi le risque pris pour l’obtenir. Une surperformance obtenue au prix d’un risque démesuré n’a pas la même valeur qu’une surperformance obtenue à risque égal ou moindre. C’est pourquoi la volatilité accompagne toujours la lecture de la performance.

L’exemple du fonds DNCA Value Europe

Un bon fonds actif se reconnaît à sa capacité à surperformer son indice tout en protégeant mieux à la baisse. Le fonds DNCA Value Europe en offre une illustration. En 2022, quand l’indice perdait environ 10 %, le fonds limitait sa baisse à moins de 2 %, démontrant une meilleure résistance dans un scénario de marché difficile. En 2023, il a fait jeu égal avec son indice. En 2024, il progressait d’environ 13 % contre 5 % pour l’indice, et depuis le début de l’année en cours, il affiche environ 15 % contre 9 % pour la référence. Ce profil le situe clairement dans les fameux 7 % de fonds qui surperforment.

La volatilité, mesure du risque

La volatilité mesure l’ampleur des écarts de performance d’un fonds : plus ces écarts sont importants, plus le fonds est risqué. L’idéal est de surperformer avec une volatilité égale ou inférieure à celle de l’indice. Dans le cas de DNCA Value Europe, la volatilité ressort autour de 13,37 quand celle du sous-jacent se situe vers 13,54 : le fonds fait donc mieux sans être plus risqué. C’est exactement ce que l’on attend d’une gestion active de qualité.

Des performances nettes et comparables

Les performances communiquées par les fonds sont nettes de frais de gestion, en vertu d’une obligation légale. C’est un point essentiel pour la comparaison : le chiffre affiché tient déjà compte des frais du gérant, et peut donc être confronté directement à celui d’un ETF. En brut, avant frais, la surperformance d’un bon fonds actif est même supérieure à ce qu’affiche sa fiche. Cette logique de surperformance nette se retrouve aussi dans le non coté, où le carried interest rémunère le gérant de private equity au-delà d’un certain seuil de rendement.

L’architecture ouverte, condition d’accès aux meilleurs gérants

Accéder aux 7 % de gérants qui battent le marché suppose un contrat en architecture ouverte. C’est le maillon décisif : peu importe que 93 % des fonds fassent moins bien que leur indice, dès lors que l’on a la possibilité de choisir précisément ceux qui appartiennent à l’élite. Encore faut-il que le contrat le permette.

Le verrou du contrat fermé

Un contrat fermé limite l’accès aux quelques fonds maison de l’établissement, fermant la porte aux meilleurs gérants. Dans un réseau bancaire traditionnel, on ne vous proposera souvent que les fonds de la maison ou de ses filiales : la diversification y est largement illusoire. Pour accéder à un fonds d’élite, il faut un contrat dont l’univers d’investissement est suffisamment large, qu’il s’agisse d’un contrat français en architecture ouverte ou des solutions premium décrites dans notre panorama des outils patrimoniaux réservés de fait aux patrimoines élevés.

Choisir le bon support pour la bonne classe d’actifs

Une fois l’allocation définie, il reste à choisir le meilleur support pour chaque classe d’actifs. Sur les marchés émergents, par exemple, un ETF comme l’Amundi MSCI Emerging Markets peut parfaitement remplir son rôle. Sur d’autres segments, un gérant actif de l’élite apportera une vraie valeur ajoutée. L’idée n’est pas de s’enfermer dans un camp, mais de sélectionner, classe par classe, le support qui optimise le couple rendement/risque, ce qui constitue le cœur de la construction d’une allocation d’actifs cohérente avec ses convictions.

Ni pour ni contre par principe

La bonne posture consiste à rester ouvert, sans œillères dogmatiques. Il ne faut ni rejeter les ETF par principe, ni les ériger en solution unique : les limites se nichent toujours dans les excès. Parfois un ETF sera plus pertinent qu’un fonds de gestion active, parfois ce sera l’inverse. Disposer d’une multitude de supports différents est une chance : autant en profiter pour sélectionner, à chaque fois, celui qui sert le mieux l’objectif d’optimisation du couple rendement/risque.

FAQ – ETF ou gestion active

Faut-il choisir les ETF ou la gestion active ?

Il ne s’agit pas de choisir un camp. Les ETF offrent des frais très faibles et conviennent à de nombreux investisseurs, mais ne peuvent jamais battre leur indice. La gestion active peut surperformer, mais seuls 7 % des gérants y parviennent sur trois ans. L’approche optimale consiste à sélectionner, classe d’actifs par classe d’actifs, le meilleur support.

Que dit le rapport SPIVA sur la gestion active ?

Le rapport SPIVA montre qu’en Europe, sur trois ans, 93 % des gérants actifs ne battent pas leur indice de référence (souvent le Stoxx 600). Le constat est comparable aux États-Unis avec le S&P 500. Mais cela signifie aussi que 7 % des gérants surperforment : l’enjeu est de les identifier et d’y accéder.

Comment reconnaître un bon fonds de gestion active ?

Un bon fonds surperforme son indice de façon régulière, tout en affichant une volatilité égale ou inférieure : il fait mieux sans prendre plus de risque. Il protège aussi mieux à la baisse lors des années difficiles. Les performances étant communiquées nettes de frais de gestion, elles sont directement comparables à celles d’un ETF.

Les ETF sont-ils sans risque ?

Non. Un ETF réplique fidèlement son indice, y compris sa concentration sur quelques valeurs. Lorsqu’un indice est dominé par une poignée de titres, l’investisseur passif hérite de ce risque de concentration et subit pleinement les baisses de l’indice. La gestion passive supprime le risque de sous-performance, pas le risque de marché.

Pourquoi l’architecture ouverte est-elle importante ?

Parce que sans accès à un large univers de fonds, il est impossible de sélectionner les 7 % de gérants qui battent le marché. Un contrat fermé limite le choix aux fonds maison de l’établissement. Un contrat en architecture ouverte, français ou luxembourgeois, donne accès aux meilleurs gérants et permet d’optimiser chaque poche du portefeuille.

Où comparer gratuitement les fonds et les ETF ?

Des plateformes comme Quantalys sont accessibles gratuitement, sans compte professionnel. Elles permettent d’observer les performances historiques année par année, de comparer un fonds à son indice et de juger sa régularité et sa volatilité. C’est le même travail d’analyse que celui des professionnels, à la portée de tout investisseur méthodique.

Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout investissement comporte un risque de perte en capital. Pour une sélection de supports adaptée à votre situation, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion privée de patrimoine.

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