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Nouveaux investisseurs : 1,2 million en Bourse, euphorie ?

Les nouveaux investisseurs affluent en Bourse à un rythme inédit en France. Selon l'Autorité des marchés financiers, près de 1,2 million de particuliers ont acheté ou vendu des actions au cours de chacun des deux premiers trimestres de 2026, le niveau le plus élevé depuis 2018, et environ 900 000 ont réalisé une transaction sur des ETF chaque trimestre. Au premier semestre, 435 000 Français ont passé leur tout premier ordre de Bourse.

Faut-il y voir un signe de bonne santé de l'épargne française ou un signal d'euphorie, comme on en observe souvent avant les retournements de marché ? La réponse d'Ingefii est sans ambiguïté sur le premier point : c'est une excellente nouvelle. Elle s'accompagne toutefois d'une réserve sérieuse.

Beaucoup de ces nouveaux venus ont commencé à investir après le Covid, et n'ont jamais traversé de crise majeure. Cet article analyse ce que révèlent les chiffres de l'AMF, pourquoi la stratégie du « tout sur un ETF » repose sur une lecture du passé, et comment se préparer au risque principal de tout nouvel investisseur : la vente panique.

Source : cet article est tiré de la vidéo « Faut-il investir dans l'or maintenant ? » de la chaîne Ingefii.

Points clés à retenir

  • Un record depuis 2018 : près de 1,2 million de particuliers ont réalisé une transaction sur actions à chacun des deux premiers trimestres 2026, soit 14 % de plus qu'au second semestre 2025.
  • L'ETF en tête : environ 900 000 particuliers ont traité des ETF chaque trimestre (+39 %), et 394 000 en ont acheté pour la première fois au premier semestre.
  • Une excellente nouvelle : plus de Français qui investissent, seuls ou accompagnés, c'est moins d'épargne qui perd du pouvoir d'achat sur des comptes non rémunérés.
  • Une génération sans krach : depuis le point bas de mars 2020, les marchés n'ont pas connu de crise comparable à 2000 ou 2008, ce qui nourrit une confiance parfois excessive.
  • Le risque de vente panique : le danger n'est pas l'ETF lui-même, mais la réaction émotionnelle d'investisseurs non préparés lors de la prochaine forte baisse.

Un record de nouveaux investisseurs en France

Que disent les chiffres de l'AMF ?

L'Autorité des marchés financiers a publié le 23 septembre 2026 son tableau de bord des investisseurs particuliers actifs. Le constat est net : le nombre de particuliers actifs sur les marchés atteint un record au premier semestre 2026. Près de 1,2 million de Français ont acheté ou vendu des actions cotées dans l'Union européenne au cours de chacun des deux premiers trimestres, en hausse de 14 % par rapport au second semestre 2025.

Le volume d'activité suit la même tendance. Sur le semestre, l'AMF a recensé 36 millions de transactions sur actions, 28 % de plus qu'un an plus tôt, et 11,8 millions de transactions sur ETF, en hausse de 69 %. Ces niveaux sont les plus élevés depuis le début des déclarations de transactions en 2018.

L'ETF, porte d'entrée de la nouvelle génération

L'ETF, ou fonds indiciel coté, est un fonds qui réplique la performance d'un indice boursier et s'achète comme une action. C'est devenu le support privilégié des nouveaux investisseurs. Environ 900 000 particuliers ont traité des ETF à chacun des deux premiers trimestres, une progression de 39 %. Au premier semestre, 394 000 Français ont acheté un ETF pour la première fois, contre 282 000 qui ont acheté une action pour la première fois.

Ce succès s'explique par la simplicité du produit : un seul achat donne accès à des centaines d'entreprises, avec des frais réduits et des montants d'entrée modestes. Une grande partie de ces nouveaux venus passent par des plateformes en ligne, souvent établies dans d'autres pays de l'Union européenne.

Indicateur AMFPremier semestre 2026Évolution
Particuliers actifs en actions (par trimestre)près de 1,2 million+14 % vs S2 2025, plus haut depuis 2018
Particuliers actifs en ETF (par trimestre)environ 900 000+39 % vs S2 2025
Premiers achats d'ETF394 000+36 % vs S2 2025, plus haut depuis 2018
Premiers achats d'actions282 000+9 % vs S2 2025
Premiers achats, tous instruments cotés435 000Nouveaux entrants sur le semestre

Une excellente nouvelle pour l'épargne française

Pourquoi les nouveaux investisseurs se tournent vers la Bourse

L'afflux de nouveaux investisseurs est clairement une excellente nouvelle, sans demi-mesure. Il traduit une prise de conscience : laisser son argent dormir coûte cher. Avec une inflation remontée à 3 % en septembre 2026 et un Livret A à 1,7 %, l'épargne non investie perd du pouvoir d'achat chaque année, un mécanisme que nous détaillons dans notre article sur la manière de protéger son épargne de l'inflation.

La plus jeune génération est particulièrement présente dans ce mouvement. Beaucoup de jeunes actifs estiment qu'ils ne pourront pas compter sur une retraite par répartition suffisante, et veulent être acteurs de leur épargne de demain. Les nouveaux investisseurs sont nettement plus jeunes que ceux de 2018, ce qui marque un changement durable dans le rapport des Français à la Bourse.

Mieux vaut investir seul que laisser dormir son argent

Que ces épargnants investissent seuls ou accompagnés importe peu : plus il y a de Français qui investissent, mieux c'est. Même la stratégie la plus simple, un ETF répliquant un grand indice mondial acheté régulièrement, vaut mieux que de laisser des sommes importantes sur un compte courant non rémunéré, sans rien faire.

Cette situation reste pourtant fréquente, y compris dans des familles financièrement à l'aise. De nombreux parents et grands-parents laissent dormir des dizaines de milliers d'euros par habitude ou par prudence mal placée. Face à eux, le jeune investisseur qui place chaque mois une partie de son salaire sur un ETF a pris la meilleure décision possible : celle de commencer.

Investir, une manière de mieux comprendre le monde

Au-delà de la recherche de rendement et de la préparation de l'avenir, s'intéresser à l'investissement permet de mieux comprendre le monde. Suivre les taux d'intérêt, l'inflation, les résultats des entreprises ou la géopolitique, c'est comprendre les forces qui façonnent l'économie et la vie quotidienne. Les investisseurs qui font l'effort de se renseigner par eux-mêmes ne peuvent qu'être encouragés à continuer.

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Une génération qui n'a pas connu de vraie crise

Le Covid, point de départ du mouvement

La genèse de cet engouement remonte au Covid. Pendant les confinements de 2020, de nombreux Français ont commencé à s'informer sur la Bourse, disposant de temps et d'une épargne accrue faute de pouvoir consommer. C'est à ce moment que les applications d'investissement et les contenus pédagogiques en ligne ont connu leur essor.

Le problème tient au calendrier. Entre le point bas de mars 2020 et aujourd'hui, les marchés n'ont pas connu de crise majeure comparable à l'éclatement de la bulle internet ou à la crise financière de 2008. La plupart des nouveaux investisseurs n'ont donc vécu qu'un marché qui monte, avec des corrections rapidement effacées.

Un krach éclair suivi d'une remontée rapide

Le krach du Covid a même renforcé, paradoxalement, une forme de confiance excessive. En février et mars 2020, le S&P 500 a perdu environ un tiers de sa valeur en un mois, puis il a retrouvé son niveau d'avant-crise en six mois seulement. Les investisseurs qui ont acheté au plus bas ont été largement récompensés, ce qui a ancré l'idée qu'il suffit de tenir pour que tout revienne vite.

L'année 2022 a apporté un premier avertissement, avec un Nasdaq en baisse d'environ 33 % sur l'année, porté par la chute des valeurs technologiques. Mais là encore, la reprise a fini par venir, portée par l'essor de l'intelligence artificielle. Plus récemment, la correction de juin 2026 sur les valeurs technologiques, que nous analysions dans notre article sur le krach tech de juin 2026 et le retour des fondamentaux, a elle aussi été absorbée.

Ce que 2000 et 2008 ont appris aux investisseurs plus anciens

Les grandes crises boursières n'ont pas toutes été suivies d'une remontée rapide. Les investisseurs qui ont connu les années 2000 savent qu'un marché peut mettre plus d'une décennie à retrouver ses sommets.

CriseBaisse maximaleDurée pour retrouver le sommet
Bulle internet (2000-2002), Nasdaqenviron -78 %environ 15 ans
Crise financière (2007-2009), S&P 500environ -57 %environ 5 ans et demi
Covid (2020), S&P 500environ -34 %environ 6 mois
Année 2022, Nasdaqenviron -33 % sur l'annéeenviron 2 ans et demi depuis le sommet de fin 2021

Ces ordres de grandeur, exprimés hors dividendes, montrent que l'expérience des cinq dernières années n'est pas représentative de l'histoire boursière. Une génération formée uniquement sur la période récente risque de sous-estimer la durée possible d'une crise.

Le tout sur un ETF, une stratégie qui repose sur le passé

S&P 500 ou MSCI World : la solution unique ?

Sur les réseaux sociaux, une stratégie revient en boucle : tout placer sur un seul ETF, le plus souvent répliquant le S&P 500 ou le MSCI World, et ne rien faire d'autre. L'argument est séduisant : frais faibles, diversification apparente sur des centaines d'entreprises, performance historique solide. Beaucoup de nouveaux investisseurs en ont fait leur unique stratégie, avec la certitude que cela ne peut que bien se passer.

Cette diversification est en partie illusoire. Le MSCI World est aujourd'hui dominé par les actions américaines, et en leur sein par une poignée de géants technologiques. Un portefeuille 100 % MSCI World reste un pari concentré sur une seule classe d'actifs, les actions, et largement sur un seul pays. Nous avons détaillé ces limites dans notre article expliquant pourquoi un ETF MSCI World n'est pas une allocation diversifiée.

Les performances passées ne préjugent pas des performances futures

Cette mention réglementaire figure sur tous les documents financiers, et elle n'est pas une simple formalité. Les performances des indices américains sur les quinze dernières années ont été exceptionnelles, portées par la baisse des taux d'intérêt et l'essor des géants technologiques. Rien ne garantit que ces conditions se reproduisent.

Les signaux de prudence se multiplient d'ailleurs. Les flux massifs vers les valeurs technologiques et le succès des produits à effet de levier sont souvent des marqueurs de fin de cycle, comme nous l'avons analysé dans nos articles sur les flux records vers la tech, quand l'euphorie devient un signal, et sur les ETF à effet de levier comme marqueur de fin de cycle.

Projeter 8,5 % par an jusqu'en 2050, un raisonnement fragile

Un raisonnement très répandu consiste à prendre la performance moyenne d'un indice sur les cinquante dernières années, par exemple 8,5 % par an, et à la projeter sur les vingt-cinq prochaines. « L'indice a fait 8,5 % par an depuis 1975, donc en 2050 j'aurai tel montant. » Il y a de fortes chances que cela ne se passe pas ainsi.

Une moyenne de long terme masque des décennies très différentes, certaines nulles, d'autres exceptionnelles. Le résultat final dépend énormément du point de départ et de l'enchaînement des années. Un investisseur qui commence au sommet d'un cycle peut connaître dix ans de performance nulle. Le Japon en offre un exemple extrême : l'indice Nikkei a mis plus de trente ans à retrouver son sommet de 1989.

La vente panique, principal risque des nouveaux investisseurs

Pourquoi la vente panique se produit à chaque cycle

La vente panique désigne la décision de tout vendre sous le coup de l'émotion, pendant une forte baisse, souvent près du point bas. C'est le scénario classique qui se produit à chaque cycle boursier, sans exception. Ce n'est pas l'ETF qui fait perdre de l'argent, c'est la réaction de celui qui le détient au moment où le marché chute de 30 % ou 40 %.

Le danger est d'autant plus grand que la confiance initiale était forte. Certains investisseurs sont tellement certains que leur stratégie ne peut que fonctionner qu'on peut s'interroger sur leur degré de préparation si le scénario venait à se dégrader. Beaucoup seront déçus, ne sauront pas comment réagir, et vendront au pire moment, transformant une perte temporaire en perte définitive.

Ne rien faire n'est pas la réponse : réfléchir avant d'agir

La bonne réponse à une crise n'est pas forcément de ne rien faire. C'est d'abord de réfléchir avant d'agir. La question n'est pas d'appuyer sur un bouton et de tout vendre du jour au lendemain parce que le marché a baissé, mais de se demander si les raisons de détenir ses placements ont changé.

Si l'horizon de placement est toujours de quinze ans, une baisse de 30 % n'est pas une raison de vendre. Si l'on a besoin de l'argent dans six mois, la question se pose différemment, mais elle aurait dû se poser avant d'investir. C'est précisément ce travail préalable qui manque le plus souvent aux nouveaux investisseurs.

Se préparer avant la crise, pas pendant

Se préparer à une crise consiste à s'interroger à froid sur sa réaction probable. Quelle baisse suis-je capable de supporter sans vendre ? De quelle somme pourrais-je avoir besoin dans les deux ou trois prochaines années ? Mon épargne de précaution est-elle suffisante pour ne jamais être contraint de vendre en catastrophe ? Les investisseurs qui ont répondu honnêtement à ces questions avant la tempête la traversent beaucoup mieux.

Certains nouveaux investisseurs sont parfaitement conscients de ces risques et sauront garder leur sang-froid. Mais la crainte d'Ingefii porte sur la masse de ceux qui n'ont jamais envisagé sérieusement un marché qui baisse longtemps.

Diversification et approche par le risque : aller plus loin

La diversification, au-delà d'un seul indice

La diversification consiste à répartir son patrimoine entre des actifs qui ne réagissent pas de la même manière aux mêmes événements. Elle ne se limite pas à détenir beaucoup d'actions : il s'agit de combiner plusieurs classes d'actifs, comme les actions de différentes zones, les obligations, l'immobilier, les métaux précieux ou le private equity, pour que les pertes des unes soient amorties par la tenue des autres.

Ingefii défend fermement ce principe. Même tout placer en actions, quel que soit le support, n'est pas une bonne idée pour la plupart des épargnants. Mettre tous ses œufs dans le même panier va à l'encontre de toute logique patrimoniale, et la diversification reste la seule protection qui ne demande pas de prédire l'avenir.

L'approche par le risque, celle que demandent les patrimoines constitués

L'approche par le risque consiste à définir d'abord le niveau de risque acceptable, puis à chercher le meilleur rendement à l'intérieur de ce cadre. C'est un raisonnement inverse de celui de nombreux nouveaux investisseurs, qui partent du rendement espéré. Il correspond pourtant exactement à ce que demandent les clients qui ont déjà constitué un patrimoine.

Qu'il s'agisse d'un héritage, de la vente d'une entreprise ou de l'épargne de toute une vie, la priorité est presque toujours la même : préserver ce qui a été construit avant de chercher à le faire fructifier. Les nouveaux investisseurs gagneraient à adopter cette approche par le risque dès le départ, plutôt que de la découvrir dans la douleur lors d'une première crise.

Euphorie ou bonne santé : le verdict

L'afflux de nouveaux investisseurs est avant tout un signe de bonne santé : les Français prennent en main leur épargne, et c'est une évolution profondément positive. Le signal d'euphorie, s'il existe, ne vient pas du nombre d'investisseurs mais de certaines certitudes affichées, comme la conviction qu'un seul ETF suffit et que les marchés ne peuvent que monter.

Le bon réflexe consiste à continuer d'apprendre, à aller un peu plus loin que la stratégie unique, à diversifier et à raisonner par le risque. Pour ceux qui souhaitent être accompagnés dans cette démarche, le cabinet de gestion de patrimoine Ingefii à Bordeaux construit des allocations qui partent du profil de risque de chacun.

FAQ – Nouveaux investisseurs

Combien de Français investissent en Bourse en 2026 ?

Selon l'AMF, près de 1,2 million de particuliers ont réalisé au moins une transaction sur actions à chacun des deux premiers trimestres 2026, un record depuis 2018. Environ 900 000 ont traité des ETF chaque trimestre. Au premier semestre, 435 000 Français ont passé leur premier ordre de Bourse, dont 394 000 sur un ETF.

L'afflux de nouveaux investisseurs est-il un signe d'euphorie ?

L'afflux de nouveaux investisseurs est avant tout un signe de bonne santé : davantage de Français protègent leur épargne de l'inflation en investissant. Le risque d'euphorie tient plutôt aux certitudes de certains, convaincus qu'un seul ETF suffit et que les marchés ne peuvent que monter, alors qu'ils n'ont jamais connu de crise majeure.

Est-ce une bonne idée de tout mettre sur un ETF MSCI World ?

Tout placer sur un ETF MSCI World vaut mieux que laisser son argent dormir, mais ce n'est pas une allocation réellement diversifiée. L'indice est dominé par les actions américaines et quelques géants technologiques. Il reste une exposition à une seule classe d'actifs, sans obligations, immobilier ni métaux précieux pour amortir une forte baisse.

Comment éviter la vente panique en Bourse ?

Pour éviter la vente panique, il faut se préparer avant la crise : définir son horizon de placement, la baisse que l'on peut supporter et disposer d'une épargne de précaution suffisante pour ne jamais devoir vendre en urgence. Pendant une baisse, la bonne question est de savoir si les raisons d'investir ont changé, pas si le marché a baissé.

Les performances passées de la Bourse vont-elles se répéter ?

Rien ne garantit que les performances passées se répètent. Une moyenne historique de 8 à 9 % par an masque des décennies très différentes, dont certaines à performance nulle. Le Nasdaq a mis environ 15 ans à retrouver son sommet de 2000, et le Nikkei japonais plus de trente ans après 1989.

Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout investissement en actions comporte un risque de perte en capital. Pour toute situation spécifique, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion de patrimoine.

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