Les midterms 2026 sont les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre 2026, qui renouvellent l'intégralité de la Chambre des représentants et un tiers du Sénat, deux ans après l'élection présidentielle. Pour les marchés, leur enjeu est moins boursier qu'obligataire : selon JPMorgan, l'impact attendu sur le S&P 500 tient dans une fourchette de -0,25 % à +1,25 %, alors que les rendements obligataires à long terme pourraient, eux, bouger durablement.
Le scrutin intervient dans un climat de peur extrême, après une correction violente des valeurs de l'intelligence artificielle et des élections au Brésil et en Israël qui ont déjà chahuté les marchés. Beaucoup d'épargnants se demandent s'il faut ajuster leur portefeuille avant ou après le vote.
Cet article analyse les quatre scénarios de JPMorgan, explique pourquoi la colonne obligataire compte davantage que celle des actions, montre où se situe le vrai risque pour l'IA (dans les États plutôt qu'à Washington), et en tire une grille de lecture pratique pour une allocation patrimoniale.
Source : cet article est tiré de la vidéo « Comment profiter de la peur des marchés » de la chaîne Ingefii.
Points clés à retenir
- Impact limité sur les actions : selon JPMorgan, la réaction du S&P 500 aux midterms 2026 irait de -0,25 % à +1,25 % selon le scénario, moins qu'une séance ordinaire.
- Vague bleue probable : les marchés de prédiction donnaient environ deux chances sur trois (66 %) à une victoire démocrate dans les deux chambres au 1er novembre.
- Détente des taux longs : dans les deux scénarios qui cumulent 92 % de probabilité, JPMorgan anticipe un reflux des taux longs grâce à un déficit mieux tenu.
- Le vrai frein à l'IA est local : selon Morgan Stanley, 284 projets de data centers représentant plus de 33 gigawatts dépendent de seulement trois élections de gouverneur.
- Historique favorable : sur 31 élections de mi-mandat depuis 1900, les actions américaines ont progressé en moyenne de 12,4 % dans les douze mois suivants (Bloomberg).
Sommaire
- Pourquoi les midterms 2026 inquiètent les marchés
- Les quatre scénarios de JPMorgan pour les midterms 2026
- Les taux longs, véritable enjeu du scrutin
- Data centers : le risque se joue dans les États
- Ce que dit l'historique des élections de mi-mandat
- Faut-il modifier son allocation avant ou après le vote ?
- FAQ – Midterms 2026
Pourquoi les midterms 2026 inquiètent les marchés
Les élections de mi-mandat sont un rendez-vous politique majeur aux États-Unis : elles déterminent si le président dispose d'une majorité au Congrès pour faire voter ses textes, ou s'il devra composer avec une opposition capable de bloquer le budget et de lancer des enquêtes. En 2026, elles interviennent dans un contexte particulièrement chargé, qui amplifie l'incertitude.
Un calendrier électoral qui s'accumule
Les midterms 2026 arrivent après une série de scrutins qui ont déjà secoué les marchés. Au Brésil, les élections ont créé une surprise importante qui a chahuté la bourse locale. En Israël, le vote a des implications directes sur le conflit avec l'Iran, donc sur le pétrole et l'inflation mondiale. Chaque scrutin ajoute une couche d'incertitude, et c'est cette accumulation qui alimente une partie de la peur actuelle.
Dans la vidéo, Chauncey Schmitt rappelle aussi que les États-Unis sont impliqués dans le dossier iranien comme dans le conflit entre l'Ukraine et la Russie. La composition du Congrès pèse donc sur des dossiers géopolitiques qui dépassent largement la politique intérieure américaine.
Un scrutin qui tombe en pleine correction de l'IA
Le vote intervient alors que le Fear and Greed Index de CNN est tombé à 19, en zone de peur extrême, et que les valeurs de l'infrastructure IA ont perdu environ 3 700 milliards de dollars de capitalisation depuis début octobre. Notre article sur le Fear and Greed Index et la lecture contrariante de la peur détaille ce paradoxe : un indice à 3 % de son plus haut, mais un sentiment au plus bas.
Le lien entre les deux sujets est direct. Une partie des investisseurs craint qu'une victoire démocrate ne conduise à une régulation de l'intelligence artificielle et à un frein sur la construction de data centers. Cette crainte explique en partie la volatilité autour des fournisseurs de l'infrastructure IA.
Les quatre scénarios de JPMorgan pour les midterms 2026
JPMorgan a publié une cartographie des scénarios possibles, avec pour chacun une probabilité issue des marchés de prédiction suivis par Bloomberg au 1er novembre 2026 et une réaction attendue du S&P 500. D'autres grandes banques américaines, dont Goldman Sachs, ont publié des pronostics proches. Le tableau ci-dessous en reprend l'essentiel.
| Scénario | Probabilité | Taux longs | Réaction du S&P 500 |
|---|---|---|---|
| Vague bleue (Chambre et Sénat démocrates) | 66 % | Légère baisse, déficit moins élevé | -0,25 % à +0,50 % |
| Congrès partagé (Chambre démocrate, Sénat républicain) | 26 % | Baisse possible | +0,50 % à +1,00 % |
| Vague rouge (Chambre et Sénat républicains) | 7 % | Hausse, déficits élevés | +1,00 % à +1,25 % |
| Partage inversé (Chambre républicaine, Sénat démocrate) | 1 % | Non précisé | +0,25 % à +0,75 % |
Quelle est l'amplitude réelle de l'enjeu boursier ?
La première lecture tient à l'amplitude des réactions attendues : toute l'élection qui renouvelle le Congrès tient dans une fourchette de 1,5 point sur le S&P 500. À titre de comparaison, Intel a perdu 29 % en une seule séance le 30 octobre. Pour JPMorgan, le résultat ne devrait pas changer la direction du marché, mais sa composition.
Pourquoi la vague bleue est-elle le scénario le moins porteur ?
Le scénario le plus probable, une vague bleue, est aussi le moins porteur pour les actions. Le marché y redoute une régulation de l'intelligence artificielle. JPMorgan relativise ce risque : le président opposerait son veto aux textes limitant l'IA, et les démocrates n'auraient pas la majorité des deux tiers nécessaire pour passer outre. La banque évoque aussi un risque d'enquêtes parlementaires visant certains donateurs proches de l'administration, y compris des grandes entreprises technologiques.
La phrase clé est ailleurs : selon JPMorgan, le risque n'est pas un krach de l'IA, mais un allègement des positions à l'intérieur du thème IA. Autrement dit, toute baisse serait une occasion pour les investisseurs convaincus par le thème, et le mouvement attendu ressemble exactement à la rotation déjà en cours.
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Que changeraient le Congrès partagé et la vague rouge ?
Avec un Congrès partagé, les démocrates contrôleraient les finances publiques et pourraient réduire les dépenses déficitaires, ce qui écarte presque le risque de destitution tout en maintenant celui d'enquêtes. Le blocage politique promettrait des batailles sur le budget 2027, mais les fermetures administratives ont historiquement un impact limité sur l'économie et les marchés.
Le scénario le plus favorable aux actions, la vague rouge, est le moins probable (7 %) et aurait un coût : des déficits élevés, donc des rendements à 10 ans plus hauts, et un dossier iranien prolongé, l'administration pouvant se sentir encouragée à poursuivre jusqu'à un accord à ses conditions.
Les taux longs, véritable enjeu du scrutin
Les taux longs désignent les rendements des emprunts d'État à 10 ans et au-delà. Ils servent de référence pour le crédit immobilier, le financement des entreprises et la valorisation des actions. Dans le tableau de JPMorgan, la colonne la plus intéressante n'est pas celle des actions, mais celle-ci.
Pourquoi un déficit mieux tenu ferait-il baisser les taux longs ?
Les rendements à long terme intègrent une prime de risque liée à la quantité de dette que l'État devra émettre. Plus le déficit est élevé, plus le Trésor américain doit emprunter, et plus les investisseurs exigent un rendement élevé pour absorber cette offre. Un Congrès capable de freiner les dépenses réduit cette prime. Dans les deux scénarios qui cumulent 92 % de probabilité (vague bleue et Congrès partagé), JPMorgan anticipe une détente des taux longs grâce à un déficit mieux tenu.
Cette lecture conforte la conviction d'Ingefii d'un reflux des rendements obligataires dans les prochains trimestres, déjà détaillée dans notre analyse des quatre forces qui peuvent amorcer la baisse des taux longs. Les élections de mi-mandat pourraient ajouter une cinquième force, politique celle-là.
Pourquoi les taux longs comptent-ils autant pour les actions ?
Pour Chauncey Schmitt, la grande problématique des marchés actions depuis plusieurs semaines, ce sont les taux longs. Les entreprises publient de bons résultats (82 % des sociétés du S&P 500 ont battu les attentes au troisième trimestre, avec des bénéfices en hausse d'environ 30 % sur un an), mais des taux de long terme élevés réduisent la valeur actuelle de ces bénéfices futurs et pèsent sur les valorisations.
Une détente des taux longs aurait donc un effet indirect, en bout de chaîne, plutôt favorable aux actions. C'est le paradoxe des midterms 2026 : le scénario jugé le moins porteur pour la bourse à court terme pourrait être celui qui soulage le plus les valorisations à moyen terme.
Quelle conséquence pour les obligations ?
Une baisse des rendements fait monter le prix des obligations existantes, d'autant plus fortement que leur échéance est lointaine. C'est ce qu'on appelle la duration. Les investisseurs qui ont allongé la durée de leurs placements obligataires bénéficieraient de ce mouvement, comme l'explique notre article sur l'achat d'obligations et le rôle de la duration. C'est précisément le choix fait dans les portefeuilles gérés par Ingefii.
Data centers : le risque se joue dans les États
Le débat sur l'intelligence artificielle a changé de nature pendant la campagne. Il ne porte plus seulement sur la technologie, mais sur ses effets concrets : la construction massive de data centers fait grimper les factures d'électricité des ménages dans de nombreux États, et la question s'est imposée dans les débats électoraux.
Pourquoi les data centers sont-ils devenus un sujet électoral ?
Les data centers consomment des quantités d'électricité considérables, et leur multiplication tend les réseaux et les prix de l'énergie. Dans la vidéo, Chauncey Schmitt évoque une explosion du prix de l'électricité pour les particuliers dans de nombreux États. Plusieurs médias américains, dont Axios, qui explique pourquoi Wall Street surveille les élections de gouverneur, ont souligné que ce sujet était devenu un enjeu de vote à part entière.
Pourquoi le vrai frein ne viendrait-il pas de Washington ?
Au niveau fédéral, un texte restrictif sur l'IA se heurterait au veto présidentiel. Le vrai frein viendrait des États, qui délivrent les autorisations de construction et de raccordement au réseau. Plusieurs candidats au poste de gouverneur, des deux bords, soutiennent une forme de gel des autorisations de data centers. Selon Morgan Stanley, 284 projets représentant plus de 33 gigawatts dépendent de l'issue de seulement trois de ces élections.
Ce point est souvent négligé par les investisseurs qui ne regardent que la composition du Congrès. Les décisions locales sur les data centers peuvent ralentir le cycle d'investissement de l'IA bien plus sûrement qu'une loi fédérale bloquée par un veto.
Qui serait pénalisé, qui pourrait en profiter ?
Un frein sur les data centers aurait des effets opposés selon la position des entreprises dans la chaîne. Les fournisseurs de l'infrastructure (semi-conducteurs, mémoire, néo-clouds) perdraient des commandes : c'est leur modèle économique. Les grandes plateformes acheteuses (Alphabet, Amazon, Meta, Microsoft) dépenseraient moins par la force des choses, et un investissement non engagé redevient du cash-flow disponible.
Or c'est précisément ce que le marché leur reproche aujourd'hui : Alphabet, Amazon et Meta ont brûlé de la trésorerie au troisième trimestre, Microsoft restant la seule positive. Une contrainte extérieure jouerait pour elles le rôle du frein qu'elles n'ont pas su s'imposer. Le cas d'Intel, détaillé dans notre article sur la chute de l'action Intel, illustre à l'inverse la vulnérabilité des fournisseurs.
Ce que dit l'historique des élections de mi-mandat
L'histoire des élections de mi-mandat est plutôt rassurante pour les investisseurs en actions. Selon Bloomberg, sur 31 élections de mi-mandat depuis 1900, les actions américaines ont progressé en moyenne de 12,4 % dans les douze mois suivants. Le mécanisme est connu : l'incertitude pèse avant le scrutin et se lève après, quel que soit le résultat.
Pourquoi l'incertitude se dissipe-t-elle après le vote ?
Avant l'élection, les investisseurs doivent intégrer plusieurs scénarios contradictoires, ce qui les pousse à réduire leurs positions ou à se couvrir. Une fois le résultat connu, l'éventail des possibles se resserre, même si le résultat n'est pas celui que le marché espérait. Les capitaux mis en attente reviennent alors progressivement. Notre article consacré à ce que l'histoire du S&P 500 dit des élections de mi-mandat détaille cette saisonnalité politique.
Ces moyennes garantissent-elles une hausse en 2027 ?
Non. Ces moyennes ne garantissent rien, mais elles décrivent un mécanisme réel. Les performances passées ne préjugent jamais des performances futures, comme le rappelle Chauncey Schmitt dans la vidéo. L'année 2027 dépendra surtout des taux longs, de l'inflation, du pétrole et de la capacité des entreprises à maintenir leurs bénéfices, bien plus que de la couleur du Congrès. L'historique sert à relativiser la peur, pas à prédire le marché.
Faut-il modifier son allocation avant ou après le vote ?
La réponse courte est non. On ne modifie pas une allocation pour une élection dont l'impact attendu sur les indices est inférieur à une séance ordinaire. Chauncey Schmitt le dit sans détour : il se refuse à parier sur le résultat d'un scrutin, les sondages s'étant souvent trompés ces dernières années.
Quelles orientations le scrutin pourrait-il confirmer ?
Le résultat des midterms 2026 confirmerait plutôt deux orientations déjà en place. D'abord, la rotation hors des valeurs IA les plus chères, vers les secteurs délaissés depuis le début de l'année : santé, consommation, luxe, logiciels. Ensuite, l'intérêt d'une duration obligataire plus longue, pour profiter d'une baisse des rendements. Un portefeuille déjà construit autour de ces deux axes n'a pas besoin d'être modifié au lendemain du vote.
Que surveiller dans les semaines qui suivent l'élection ?
Trois éléments méritent l'attention. La réaction de la Maison Blanche et les premières mesures de la nouvelle majorité, notamment sur le budget 2027. Les décisions des nouveaux gouverneurs sur les autorisations de data centers. Et l'évolution du rendement à 10 ans américain, qui dira si le marché croit réellement à un déficit mieux tenu. Ces signaux permettront d'affiner l'allocation au cours des semaines suivantes, sans précipitation.
Dans le même temps, d'autres facteurs pourraient peser davantage que le scrutin lui-même, à commencer par le pétrole et l'espoir d'un accord avec l'Iran. Notre analyse du rallye de fin d'année 2026 montre comment ces éléments pourraient se combiner. Pour adapter ces orientations à une situation personnelle, un accompagnement en gestion de patrimoine à Bordeaux permet de raisonner en scénarios plutôt qu'en paris.
Que retenir pour un épargnant français ?
Pour un épargnant français, le scrutin américain se traduit d'abord par deux canaux concrets. Le premier est la poche actions internationales, souvent investie via des fonds indiciels mondiaux dominés par les grandes valeurs technologiques américaines : sa performance dépendra davantage de la rotation sectorielle en cours que du résultat du vote. Le second est le marché obligataire, car les rendements européens suivent en partie les rendements américains. Une détente outre-Atlantique se diffuserait aussi aux emprunts d'État de la zone euro, et donc aux supports obligataires des contrats d'assurance-vie.
Il existe enfin un canal indirect, celui de l'énergie. Une majorité qui accélérerait ou ralentirait la résolution du dossier iranien influencerait le prix du pétrole, qui reste le premier moteur de l'inflation en France. Pour un ménage français, cet enjeu pèse souvent plus lourd sur le pouvoir d'achat et le rendement réel de l'épargne que les fluctuations du S&P 500 au lendemain du vote. C'est pourquoi la bonne réponse ne consiste pas à anticiper le résultat, mais à vérifier que l'allocation tient dans chacun des scénarios.
FAQ – Midterms 2026
Quand ont lieu les midterms 2026 aux États-Unis ?
Les midterms 2026 ont lieu le mardi 3 novembre 2026. Les électeurs américains renouvellent l'intégralité des 435 sièges de la Chambre des représentants et environ un tiers du Sénat, ainsi que de nombreux postes de gouverneur. Les premières tendances sont généralement connues dans la nuit, mais les résultats serrés peuvent prendre plusieurs jours.
Quel impact les midterms 2026 peuvent-elles avoir sur la bourse ?
Selon JPMorgan, l'impact des midterms 2026 sur le S&P 500 serait limité, entre -0,25 % et +1,25 % selon le scénario. La banque estime que le résultat changerait davantage la composition du marché que sa direction, avec un allègement des positions à l'intérieur du thème IA plutôt qu'un krach.
Pourquoi les élections de mi-mandat peuvent-elles faire baisser les taux longs ?
Un Congrès capable de freiner les dépenses publiques réduit le déficit, donc la quantité de dette que le Trésor américain doit émettre. Les investisseurs exigent alors une prime de risque moins élevée. Dans les deux scénarios qui cumulent 92 % de probabilité, JPMorgan anticipe ainsi une détente des taux longs.
Faut-il vendre ses actions avant les élections américaines ?
Vendre ses actions avant les élections américaines n'est généralement pas justifié. L'impact attendu sur les indices est inférieur à une séance ordinaire, et historiquement les actions américaines ont progressé en moyenne de 12,4 % dans les douze mois suivant une élection de mi-mandat. Une allocation diversifiée n'a pas à dépendre du résultat d'un scrutin.
Quel lien entre les élections américaines et les data centers ?
La hausse des factures d'électricité liée aux data centers est devenue un enjeu de campagne. Plusieurs candidats au poste de gouverneur soutiennent un gel des autorisations. Selon Morgan Stanley, 284 projets représentant plus de 33 gigawatts dépendent de l'issue de seulement trois élections de gouverneur.
Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout investissement comporte un risque de perte en capital. Pour toute situation spécifique, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion de patrimoine.






