Le rallye de fin d'année désigne la tendance historique des marchés actions à progresser entre début novembre et fin décembre, après des mois de septembre et d'octobre traditionnellement plus difficiles. En 2026, cette question se pose dans un contexte inhabituel : le sentiment des investisseurs est au plus bas alors que plusieurs conditions d'une hausse semblent se réunir.
Le Fear and Greed Index de CNN est tombé à 19, en zone de peur extrême, la tech américaine sort d'une correction violente et les Américains viennent de voter pour renouveler le Congrès. Dans le même temps, un espoir d'accord entre Washington et Téhéran a fait reculer le pétrole de 8 % en une séance. La fin d'année pourrait-elle surprendre ?
Cet article passe en revue les ingrédients d'un éventuel rallye en 2026, explique pourquoi le pétrole en est la variable clé, rappelle ce qui ne monterait pas dans ce scénario, et montre comment un investisseur peut s'y préparer sans parier sur une prévision.
Source : cet article est tiré de la vidéo « Comment profiter de la peur des marchés » de la chaîne Ingefii.
Points clés à retenir
- Saisonnalité favorable : historiquement, novembre et décembre comptent parmi les meilleurs mois pour les actions, après un mois de septembre et d'octobre souvent difficiles.
- Un marché moins exigeant : les prix ont reculé alors que les bénéfices progressent encore d'environ 30 % sur un an, la barre est donc moins haute qu'il y a un mois.
- Le pétrole, variable clé : lundi, le Brent est revenu autour de 104 dollars (-8 % en une séance) sur l'espoir d'un accord avec l'Iran et d'une réouverture du détroit d'Ormuz.
- Inflation importée : aux États-Unis, l'inflation totale atteint 3,7 % contre 2,6 % hors énergie et alimentation, l'écart venant surtout du pétrole.
- Tout ne monterait pas : l'énergie et l'or, qui perdraient une partie de leur prime géopolitique, seraient pénalisés par un accord.
Sommaire
- Qu'est-ce que le rallye de fin d'année ?
- Un marché moins exigeant et débarrassé de son levier
- Le prix du pétrole, clé d'une fin d'année favorable
- Élections et diplomatie : l'incertitude peut-elle se lever ?
- Ce qui ne monterait pas dans ce scénario
- Comment se préparer sans parier sur le rallye de fin d'année
- FAQ – Rallye de fin d'année
Qu'est-ce que le rallye de fin d'année ?
Le rallye de fin d'année est une régularité statistique observée sur la plupart des grandes places boursières : les dernières semaines de l'année affichent en moyenne de meilleures performances que le reste du calendrier. Il ne s'agit pas d'une loi, mais d'une tendance documentée sur plusieurs décennies, qui s'explique par des facteurs à la fois techniques et comportementaux.
Que dit la saisonnalité des marchés actions ?
La saisonnalité désigne la tendance de certains marchés à se comporter de façon similaire aux mêmes périodes de l'année. Pour les actions américaines, septembre est historiquement le mois le plus faible, et octobre est souvent marqué par une forte volatilité. Novembre et décembre, à l'inverse, comptent parmi les mois les plus porteurs. Dans la vidéo, Chauncey Schmitt rappelle que septembre et octobre 2026 se sont déroulés dans la lignée de ce qui se passe souvent, et que le début novembre ouvre une période habituellement très prolifique pour les marchés actions.
Toutes les années ne se valent pas, et cette saisonnalité peut être balayée par un choc majeur. Mais elle décrit une tendance de fond dont il serait dommage de ne pas tenir compte quand d'autres signaux vont dans le même sens.
Pourquoi les marchés montent-ils souvent en fin d'année ?
Plusieurs mécanismes se combinent. Les gérants de fonds ajustent leurs portefeuilles avant la clôture annuelle et rachètent souvent les titres qui ont le mieux résisté. Les versements de primes et les flux d'épargne de fin d'année alimentent les achats. Enfin, l'incertitude qui pèse sur l'automne (publications de résultats, échéances politiques, décisions des banques centrales) se dissipe progressivement en décembre, ce qui ramène des capitaux mis en attente.
Le rallye de fin d'année est-il garanti en 2026 ?
Non. Chauncey Schmitt le dit clairement : il ne s'agit pas d'une prévision. Il a volontairement terminé son analyse sur un scénario optimiste, en précisant qu'il accorde une probabilité assez faible à l'alignement parfait de tous les éléments favorables. Son constat est plus nuancé : il commence à voir un faisceau d'indices concordants vers une bonne fin d'année, et commence à intégrer cette possibilité dans son équation, sans avoir encore modifié son allocation.
Un marché moins exigeant et débarrassé de son levier
Les deux premiers ingrédients d'un éventuel rallye sont déjà en place. Ils ne dépendent d'aucun événement futur, mais de ce qui s'est passé pendant la correction d'octobre.
Pourquoi la barre est-elle moins haute qu'il y a un mois ?
Pendant la correction, les prix ont reculé alors que les bénéfices progressent encore. La saison des résultats du troisième trimestre est solide : à fin octobre, 82 % des sociétés du S&P 500 qui avaient publié battaient le consensus, avec des bénéfices en hausse d'environ 30 % sur un an. Selon le suivi hebdomadaire des résultats publié par FactSet, l'écart moyen avec les attentes n'est toutefois que de 1,9 %, contre 7,5 % sur cinq ans.
Quand les prix baissent et que les bénéfices montent, la valorisation se détend mécaniquement. Le marché devient moins exigeant : il n'a plus besoin de résultats parfaits pour progresser. C'est une condition importante pour qu'un rallye puisse s'installer.
Pourquoi un marché désendetté peut-il rebondir plus facilement ?
Le 30 octobre, la chute de la tech a déclenché des ventes forcées : beaucoup d'investisseurs endettés ont dû céder ce qui restait liquide pour couvrir leurs pertes, y compris l'or. Notre article sur l'appel de marge et les ventes forcées du 30 octobre détaille ce mécanisme. Un marché débarrassé d'une partie de son levier ne craint plus les liquidations en cascade.
Vos placements sont-ils alignés avec ce contexte ?
Confidentiel · sans engagement
En parallèle, le volume échangé sur les ETF qui gagnent à la baisse atteint un record. Chaque position vendeuse devra un jour être rachetée : elle constitue une réserve d'achats qui peut accélérer un rebond. Combiné à un sentiment en peur extrême, comme l'explique notre analyse du Fear and Greed Index à 19, ce positionnement très défensif forme un terrain propice à une surprise positive.
Le prix du pétrole, clé d'une fin d'année favorable
Le troisième ingrédient est le plus important, et le plus incertain. Il tient en une variable : le prix du pétrole. Pour Chauncey Schmitt, la situation actuelle combine une microéconomie excellente et des nuages macroéconomiques, avec des taux élevés liés en partie à une inflation alimentée par l'énergie. Le pétrole est le fil qui relie ces nuages.
Où en est le dossier iranien ?
Une médiation au Qatar a relancé l'espoir d'un accord entre Washington et Téhéran, avec en priorité la réouverture du détroit d'Ormuz, par lequel transite une part majeure du pétrole mondial. Les Iraniens ont confirmé l'existence de discussions. Lundi, le pétrole a perdu 8 % en une séance, le Brent revenant autour de 104 dollars et le WTI sous les 100 dollars.
Il faut rester prudent : c'est un espoir, pas un accord. Depuis février, les annonces de négociation et les reprises de tensions se succèdent, et un échec ferait remonter le baril immédiatement. Le contexte de ce dossier est détaillé dans notre article sur l'accord entre les États-Unis et l'Iran et la réouverture du détroit d'Ormuz.
Pourquoi le prix du pétrole commande-t-il l'inflation et les taux ?
Aux États-Unis, l'inflation totale atteint 3,7 % contre 2,6 % hors énergie et alimentation : le pétrole explique l'essentiel de l'écart. C'est cette inflation importée qui a conduit la Réserve fédérale à relever ses taux en septembre, et deux de ses membres ont encore voté pour une hausse lors de la réunion de la semaine dernière. Tant que le prix du pétrole reste élevé, la banque centrale ne peut pas relâcher la pression.
Un baril durablement plus bas lèverait cette pression. Il ouvrirait la voie à une détente des taux longs, favorable aux obligations comme aux actions. Pour les valorisations boursières, la baisse des taux est souvent plus déterminante que la croissance des bénéfices elle-même.
Le marché attendra-t-il que le prix du pétrole baisse vraiment ?
Non, et c'est un point essentiel. Comme le souligne Chauncey Schmitt, un accord ne ramènerait pas le baril à 70 dollars dès le surlendemain : la remise en route des flux prendrait du temps, peut-être six mois. Mais le marché anticipe toujours. Le simple fait que la trajectoire du prix du pétrole s'oriente à la baisse suffirait à dissiper une partie des nuages macroéconomiques, et à provoquer ce que Chauncey décrit comme un énorme bol d'air pour les marchés.
Que gagnerait la France à une baisse du prix du pétrole ?
La France est l'un des pays qui bénéficieraient le plus d'un accord. En octobre 2026, l'inflation française a accéléré à 3,4 %, dont 1,8 point dû à la seule énergie. Un retour du pétrole à des niveaux normaux pourrait mécaniquement diviser par deux l'inflation française, redonner du pouvoir d'achat et soulager les finances publiques. Notre analyse de la stagflation en France détaille ce lien.
Élections et diplomatie : l'incertitude peut-elle se lever ?
Le quatrième ingrédient tient au calendrier politique. Une grande partie de la peur actuelle vient de l'accumulation d'échéances incertaines. Or ces échéances passent les unes après les autres, et leur dissipation est en soi un facteur de soutien.
Que change la fin des élections de mi-mandat ?
Le scrutin du 3 novembre 2026 renouvelle le Congrès américain. Selon JPMorgan, son impact attendu sur le S&P 500 va de -0,25 % à +1,25 % selon le scénario, soit moins qu'une séance ordinaire. Surtout, l'historique est favorable : selon Bloomberg, sur 31 élections de mi-mandat depuis 1900, les actions américaines ont progressé en moyenne de 12,4 % dans les douze mois suivants. L'incertitude pèse avant le vote et se lève après. Notre analyse des midterms 2026 détaille les scénarios et leur effet sur les taux longs.
D'autres signaux diplomatiques peuvent-ils peser ?
Dans la vidéo, Chauncey Schmitt évoque aussi une possible réunion les 10 et 11 novembre entre la Russie, l'Ukraine et les États-Unis, si elle se confirme. Il précise qu'on est très loin d'une paix et qu'il ne faut pas se bercer d'illusions, mais que ces petits signaux positifs s'ajoutent au dossier iranien. Sa règle reste la même : on ne fait jamais un choix d'investissement en fonction d'éléments que l'on ne maîtrise pas. Ces signaux servent à évaluer la probabilité d'un scénario, pas à le parier.
Quels rendez-vous surveiller d'ici la fin de l'année ?
La semaine qui suit le vote est chargée : AMD, Uber, Qualcomm et Arm publient leurs résultats, avant le rapport sur l'emploi américain du vendredi. Viennent ensuite les chiffres d'inflation de novembre et la dernière réunion de la Réserve fédérale de l'année, en décembre. Chacun de ces rendez-vous peut confirmer ou contrarier le scénario d'une fin d'année favorable.
Ce qui ne monterait pas dans ce scénario
Un scénario favorable n'est jamais favorable à tous les actifs. Il faut le dire clairement : en cas d'accord avec l'Iran, tout ne monterait pas. Cette lucidité évite de construire un portefeuille sur l'idée d'une hausse générale.
Pourquoi l'énergie serait-elle pénalisée ?
Le secteur de l'énergie a mené la rotation sectorielle de l'automne, avec la santé et la consommation de base, faisant de 12 à 13 points de mieux que l'indice sur quatre semaines. Ses bénéfices sont directement liés au prix du baril. Une baisse durable du pétrole réduirait les revenus des producteurs, et le secteur perdrait une partie de l'avance accumulée pendant la crise.
Pourquoi l'or perdrait-il une partie de sa prime ?
L'or a profité des tensions géopolitiques, qui alimentent la demande de valeurs refuges. Un accord avec l'Iran ferait disparaître une partie de cette prime géopolitique. Le métal conserverait ses soutiens structurels, notamment les achats des banques centrales, mais il pourrait sous-performer à court terme dans un scénario d'apaisement. Ce n'est pas une raison de le sortir d'une allocation de long terme : c'est une raison de ne pas en attendre une protection dans tous les scénarios.
Le scénario favorable profiterait-il à toutes les valeurs technologiques ?
Pas nécessairement de la même façon. Une détente des taux longs soutiendrait les valorisations de croissance, mais les fournisseurs de l'infrastructure IA restent exposés à leurs propres risques, notamment politiques autour des data centers. Le rebond pourrait profiter davantage aux grandes plateformes dont la valorisation s'est déjà ajustée qu'aux valeurs les plus cycliques du secteur.
Comment se préparer sans parier sur le rallye de fin d'année
La bonne question n'est pas de deviner si le rallye de fin d'année aura lieu, mais de construire un portefeuille qui tienne dans tous les cas. Plusieurs scénarios restent ouverts : accord ou échec avec l'Iran, réaction des marchés au résultat des élections, Réserve fédérale encore engagée contre l'inflation.
Pourquoi raisonner en scénarios plutôt qu'en prévisions ?
Ceux qui prétendent savoir quel scénario l'emportera se trompent souvent au plus mauvais moment. Une allocation construite autour d'un scénario central et de scénarios alternatifs permet de profiter d'une surprise positive sans être exposé à une catastrophe si elle ne se produit pas. Cette méthode est décrite dans notre article sur l'allocation par scénarios. Comme le dit Chauncey Schmitt, il ne faut pas être tout le temps négatif : les vendeurs de peur n'ont raison qu'une fois tous les dix ans.
Quels ajustements envisager concrètement ?
Trois ajustements sont cohérents avec le contexte. D'abord, rééquilibrer les portefeuilles dont l'exposition à la tech américaine a gonflé avec la hausse, en profitant de la correction pour revenir vers la cible. Ensuite, maintenir une duration obligataire plus longue, qui profiterait d'une détente des taux longs et jouerait un rôle d'amortisseur en cas de choc. Enfin, ne pas laisser dormir les liquidités : des fonds en euros bonifiés proposent aujourd'hui, pour les nouveaux versements, des rendements proches de 5 % nets sur deux ans.
Que faire si l'on a un profil prudent ?
Un épargnant prudent n'a pas besoin de s'exposer davantage aux actions pour profiter du contexte. Le principal risque pour lui n'est pas de manquer un rebond boursier, mais de laisser son épargne perdre du pouvoir d'achat. Avec une inflation française à 3,4 % et un Livret A à 1,7 %, l'argent laissé sur les supports réglementés rapporte moins que la hausse des prix. Pour ce profil, la priorité est de vérifier que l'épargne de précaution reste disponible et que le surplus est placé sur des supports dont le rendement dépasse l'inflation, sans prise de risque excessive. Les obligations de bonne qualité et les fonds en euros bonifiés répondent à cet objectif, et profiteraient eux aussi d'une baisse des taux si le scénario favorable se confirmait.
La saisonnalité, la peur extrême et l'espoir d'un accord sur l'Iran forment un faisceau d'indices encourageants, pas une certitude. Un accompagnement en gestion de patrimoine à Bordeaux permet d'intégrer ces éléments dans une stratégie adaptée à son horizon, plutôt que de réagir au gré des annonces.
FAQ – Rallye de fin d'année
Qu'est-ce que le rallye de fin d'année en bourse ?
Le rallye de fin d'année désigne la tendance historique des marchés actions à progresser entre début novembre et fin décembre. Il s'explique par les ajustements de portefeuilles avant la clôture annuelle, les flux d'épargne de fin d'année et la dissipation des incertitudes de l'automne. C'est une tendance statistique, pas une garantie.
Y aura-t-il un rallye de fin d'année en 2026 ?
Personne ne peut l'affirmer. Plusieurs conditions sont réunies : une saisonnalité favorable, un sentiment en peur extrême, un marché désendetté et l'espoir d'un accord avec l'Iran qui ferait baisser le pétrole. Mais un échec des négociations ferait remonter le baril immédiatement, et la probabilité que tous ces éléments s'alignent reste faible.
Pourquoi le prix du pétrole influence-t-il autant la bourse ?
Le prix du pétrole alimente directement l'inflation, qui oblige les banques centrales à maintenir des taux élevés. Aux États-Unis, l'inflation totale atteint 3,7 % contre 2,6 % hors énergie et alimentation. Un baril plus bas permettrait une détente des taux longs, favorable aux valorisations des actions et au prix des obligations.
Quels secteurs seraient pénalisés par un accord avec l'Iran ?
L'énergie serait le premier secteur pénalisé, ses bénéfices dépendant directement du prix du baril. L'or perdrait aussi une partie de sa prime géopolitique à court terme. Les secteurs sensibles aux taux et au pouvoir d'achat des ménages, comme la consommation, seraient en revanche favorisés.
Faut-il investir en novembre pour profiter de la saisonnalité ?
La saisonnalité ne justifie pas à elle seule une décision d'investissement. Elle décrit une tendance moyenne, que certaines années contredisent nettement. Il est plus pertinent de vérifier que son allocation est équilibrée, de rééquilibrer les poches qui ont dérivé et d'investir progressivement, plutôt que de concentrer ses achats sur une période donnée.
Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout investissement comporte un risque de perte en capital. Pour toute situation spécifique, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion de patrimoine.






