La stagflation en France désigne la combinaison, observée fin 2026, d'une croissance à l'arrêt et d'une inflation qui accélère : le PIB a reculé de 0,1 % au troisième trimestre pendant que les prix progressaient de 3,4 % sur un an en octobre. Cette situation tient presque entièrement à un facteur : l'énergie.
Les chiffres publiés par l'Insee le vendredi 30 octobre 2026 résument le paradoxe. L'énergie, en hausse de 24 % sur un an, explique à elle seule 1,8 point d'inflation ; hors énergie, les prix ne progressent que de 1,7 %. Dans le même temps, la consommation des ménages tient, mais les exportations et l'investissement reculent. La France subit une forme de stagflation légère, importée, qui ne doit presque rien à la demande intérieure.
Cet article décrypte ces chiffres, explique pourquoi le problème français est d'abord énergétique, montre comment cette situation fait basculer le rendement réel de l'épargne en territoire négatif, et détaille les solutions dont disposent les épargnants pour ne pas laisser dormir leur argent.
Source : cet article est tiré de la vidéo « Comment profiter de la peur des marchés » de la chaîne Ingefii.
Points clés à retenir
- Croissance à l'arrêt : le PIB français recule de 0,1 % au troisième trimestre 2026, après une stagnation au deuxième et un recul de 0,2 % au premier. L'acquis de croissance pour 2026 n'est que de 0,2 %.
- Inflation à 3,4 % : les prix accélèrent en octobre, contre 3 % fin septembre. L'énergie, en hausse de 24 %, en explique 1,8 point.
- Hors énergie, 1,7 % : sans l'énergie, l'inflation française serait proche de l'objectif de la BCE. Le problème est importé, pas lié à la demande.
- Rendement réel négatif : avec un Livret A à 1,7 %, l'épargne réglementée rapporte moins que l'inflation et perd du pouvoir d'achat.
- Des alternatives existent : fonds en euros bonifiés proches de 5 % nets sur deux ans pour les nouveaux versements, obligations à rendements plus élevés qu'en début d'année.
Sommaire
- Qu'est-ce que la stagflation en France en 2026 ?
- Une croissance à l'arrêt : ce que disent les chiffres de l'Insee
- L'inflation énergétique, cœur du problème français
- Le rendement réel de l'épargne repasse sous zéro
- Un accord avec l'Iran changerait-il la donne ?
- Comment protéger son épargne face à la stagflation en France
- FAQ – Stagflation en France
Qu'est-ce que la stagflation en France en 2026 ?
La stagflation est un terme qui combine « stagnation » et « inflation ». Il désigne une situation économique où la croissance est faible ou nulle alors que les prix continuent d'augmenter rapidement. C'est une configuration redoutée par les banques centrales, car les remèdes classiques à l'un des deux problèmes aggravent l'autre : baisser les taux pour soutenir la croissance risque d'alimenter l'inflation, les relever pour freiner l'inflation pèse encore sur l'activité.
Pourquoi parler d'une stagflation légère ?
La situation française de fin 2026 ne ressemble pas aux chocs des années 1970, quand l'inflation dépassait 10 % et s'auto-entretenait par les salaires. Elle combine une croissance proche de zéro et une inflation de 3,4 %, élevée mais pas incontrôlée. Surtout, elle ne doit presque rien à la demande intérieure : la consommation des ménages progresse, et hors énergie, les prix augmentent de seulement 1,7 %. C'est pourquoi la note de marché d'Ingefii parle d'une forme de stagflation légère, importée par l'énergie.
La France est-elle en récession ?
Techniquement, une récession se définit souvent par deux trimestres consécutifs de recul du PIB. La France a reculé de 0,2 % au premier trimestre, stagné au deuxième, puis reculé de 0,1 % au troisième : elle n'entre pas strictement dans cette définition, mais elle s'en approche dangereusement. Dans la vidéo, Chauncey Schmitt qualifie la situation de « un peu cata » depuis le début de l'année. Les signaux de ralentissement avaient d'ailleurs été identifiés dans notre analyse du rapport de la Banque de France sur la récession en 2026.
Une croissance à l'arrêt : ce que disent les chiffres de l'Insee
Le premier pilier de la stagflation en France est la croissance. Selon la première estimation du PIB du troisième trimestre 2026 publiée par l'Insee, l'activité a reculé de 0,1 %. Ce chiffre s'inscrit dans une année entière sans croissance.
Quels moteurs de la croissance ont calé ?
Ce sont les exportations qui ont pesé le plus lourd au troisième trimestre. Le contexte international, marqué par le choc énergétique et le ralentissement du commerce mondial, pénalise les entreprises exportatrices. L'investissement continue lui aussi de reculer : les entreprises hésitent à engager des dépenses dans un environnement de taux élevés et d'incertitude politique et budgétaire.
Le moteur qui tient est la consommation des ménages, en progression de 0,4 % sur le trimestre. Ce point est important : il montre que l'économie française ne souffre pas d'un effondrement de la demande intérieure. Les ménages continuent de consommer, malgré la hausse des prix de l'énergie.
Que signifie un acquis de croissance de 0,2 % ?
L'acquis de croissance correspond à la croissance annuelle qui serait obtenue si le PIB restait stable jusqu'à la fin de l'année. À fin septembre, il n'est que de 0,2 % pour 2026. Autrement dit, même avec un quatrième trimestre correct, la France terminera l'année avec une croissance très faible, loin des objectifs initiaux du gouvernement. Cette faiblesse complique la trajectoire des finances publiques, déjà sous pression.
| Indicateur | Valeur | Période |
|---|---|---|
| PIB, variation trimestrielle | -0,2 % | 1er trimestre 2026 |
| PIB, variation trimestrielle | 0,0 % | 2e trimestre 2026 |
| PIB, variation trimestrielle | -0,1 % | 3e trimestre 2026 |
| Consommation des ménages | +0,4 % | 3e trimestre 2026 |
| Acquis de croissance 2026 | 0,2 % | À fin septembre |
| Inflation sur un an | 3,4 % | Octobre 2026 |
| Inflation hors énergie | 1,7 % | Octobre 2026 |
L'inflation énergétique, cœur du problème français
Le second pilier de la stagflation en France est l'inflation, et elle a une origine très précise. L'inflation énergétique désigne la part de la hausse des prix qui provient de l'énergie : carburants, gaz, électricité. En octobre 2026, elle explique plus de la moitié de l'inflation totale.
Que disent les chiffres d'inflation d'octobre 2026 ?
Selon l'estimation provisoire de l'indice des prix à la consommation publiée par l'Insee, l'inflation accélère à 3,4 % sur un an en octobre, contre 3 % fin septembre. Les prix de l'énergie progressent de 24 % sur un an, et contribuent à eux seuls à hauteur de 1,8 point à l'inflation totale. Hors énergie, les prix augmentent de 1,7 %, un niveau proche de l'objectif de 2 % de la Banque centrale européenne.
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Pourquoi l'inflation énergétique ne dépend-elle pas de la demande ?
L'inflation énergétique est importée : elle reflète le prix mondial du pétrole et du gaz, fixé sur les marchés internationaux, et non la vigueur de l'économie française. Le conflit avec l'Iran et les tensions sur le détroit d'Ormuz ont porté le baril de Brent au-dessus de 100 dollars, et cette hausse se répercute mécaniquement sur les factures des ménages et les coûts des entreprises.
Cette nature importée a une conséquence importante : les leviers nationaux sont limités. Ni une hausse des taux de la BCE ni une politique budgétaire plus restrictive ne feraient baisser le prix du baril. Comme le résume la note de marché d'Ingefii, le dossier iranien pèse davantage sur le pouvoir d'achat des Français que la plupart des décisions budgétaires.
Quel effet sur le pouvoir d'achat des ménages ?
Une inflation de 3,4 % tirée par l'énergie pèse d'abord sur les dépenses contraintes : se chauffer, se déplacer, faire fonctionner un logement. Les ménages qui dépendent de la voiture ou d'un chauffage au gaz ou au fioul sont les plus exposés. Le fait que la consommation progresse encore de 0,4 % au troisième trimestre montre une certaine résistance, mais cette résistance repose en partie sur l'épargne accumulée, qui elle-même s'érode avec l'inflation.
L'inflation énergétique peut-elle se diffuser au reste des prix ?
C'est le principal risque à surveiller. Une inflation énergétique durable finit par se diffuser aux autres prix : les entreprises répercutent la hausse de leurs coûts de transport et de production sur leurs tarifs, et les salariés réclament des revalorisations pour compenser la perte de pouvoir d'achat. Les économistes parlent d'effets de second tour. Pour l'instant, l'inflation hors énergie reste contenue à 1,7 %, ce qui indique que cette diffusion n'a pas encore réellement commencé en France. Mais plus le choc pétrolier dure, plus le risque augmente que la stagflation en France change de nature et devienne plus difficile à résorber, même après une baisse du baril.
Le rendement réel de l'épargne repasse sous zéro
Le rendement réel est le rendement d'un placement une fois l'inflation déduite. C'est la seule mesure qui indique si l'épargne gagne ou perd du pouvoir d'achat. Un placement qui rapporte 2 % quand l'inflation est de 3,4 % affiche un rendement réel de -1,4 % : l'épargnant a plus d'euros, mais il peut acheter moins de choses avec.
Pourquoi le Livret A ne protège-t-il plus l'épargne ?
Avec un Livret A rémunéré à 1,7 % et une inflation de 3,4 %, le rendement réel de l'épargne réglementée est redevenu négatif, d'environ -1,7 point. L'argent laissé sur ces supports perd chaque année du pouvoir d'achat. Dans la vidéo, Chauncey Schmitt insiste sur ce point : il sensibilise toujours les investisseurs à raisonner en taux réel, c'est-à-dire corrigé de l'inflation. Notre article sur le taux réel comme seule métrique qui protège l'épargne détaille cette logique.
Faut-il vider son Livret A et son LDDS ?
Non. Chauncey Schmitt le précise explicitement : il ne s'agit pas de vider son Livret A ou son LDDS. Ces livrets ont une fonction précise, celle d'épargne de précaution. On ne les utilise pas pour gagner de l'argent, mais pour disposer d'une réserve liquide et disponible en cas de coup dur ou de dépense imprévue. Les conserver pour cet usage reste parfaitement raisonnable, même avec un rendement réel négatif.
Le problème se situe au-delà de cette réserve. Ce que les conseillers d'Ingefii observent trop souvent chez les personnes qui viennent les consulter, ce sont des montants importants immobilisés sur des comptes courants, des comptes à terme ou des livrets qui rémunèrent trois fois rien. C'est cette épargne excédentaire, sans besoin de liquidité immédiat, qui subit pleinement le rendement réel négatif.
Quels placements affichent aujourd'hui un rendement réel négatif ?
Un compte courant non rémunéré, un compte à terme à 2 % ou moins, un livret bancaire classique : tous ces supports rapportent moins que l'inflation de 3,4 %. Même certains fonds en euros, lorsque leur rendement servi reste inférieur à 3,4 %, affichent un rendement réel légèrement négatif. Le premier réflexe consiste donc à faire un état des lieux de son épargne et à identifier l'argent qui dort.
Un accord avec l'Iran changerait-il la donne ?
Puisque la stagflation en France est d'abord énergétique, sa sortie dépend en grande partie du prix du pétrole. C'est pourquoi le dossier iranien mérite d'être suivi de près par tout épargnant français, autant que les décisions budgétaires.
Que se passerait-il si le pétrole baissait durablement ?
Une médiation au Qatar a relancé l'espoir d'un accord entre Washington et Téhéran, avec la réouverture du détroit d'Ormuz. Lundi, le pétrole a perdu 8 % en une séance, le Brent revenant autour de 104 dollars. Si l'accord se confirmait, la France serait l'un des pays qui en bénéficieraient le plus. Un retour du pétrole à des niveaux normaux pourrait mécaniquement diviser par deux l'inflation française, redonner du pouvoir d'achat aux ménages et soulager les finances publiques.
Ce scénario reste un espoir, pas un accord : depuis février, les annonces de négociation et les reprises de tensions se sont succédé. Ses conséquences pour les marchés financiers sont détaillées dans notre article sur le rallye de fin d'année et les conditions d'une surprise.
La baisse de l'inflation ferait-elle remonter le rendement réel ?
Oui, mécaniquement. Si l'inflation revenait autour de 1,7 % à 2 %, un Livret A à 1,7 % retrouverait un rendement réel proche de zéro, et les placements rapportant 3 % à 5 % redeviendraient nettement positifs en termes réels. Mais une baisse de l'inflation entraînerait aussi, à terme, une baisse des taux d'intérêt, et donc des rendements proposés sur les nouveaux placements. C'est l'un des arguments pour sécuriser dès aujourd'hui des rendements élevés sur une durée suffisante.
Comment protéger son épargne face à la stagflation en France
Le message de Chauncey Schmitt est simple : il existe aujourd'hui des alternatives, y compris en dehors de l'univers du risque et des actions. Après des années de taux proches de zéro, le contexte de 2026 offre de nouveau des rendements supérieurs à l'inflation sur des placements peu risqués.
Quel intérêt présentent les fonds en euros bonifiés ?
En cette fin d'année 2026, plusieurs assureurs proposent des bonus sur leurs fonds en euros, valables sur 2027 et 2028, pour les nouveaux versements. Il est ainsi possible de faire travailler une partie de son argent avec des taux de rendement proches de 5 % nets sur deux ans, un peu moins en réalité, ce qui reste significativement au-dessus de l'inflation. Le fonds en euros est garanti en capital par l'assureur, avec un risque faible.
Ces bonus ne sont pas gratuits : les assureurs les conditionnent souvent à une part minimale investie en unités de compte, plus risquées. Les conditions précises sont détaillées dans notre article sur les bonus de fonds en euros. Il faut les lire attentivement avant de verser.
Pourquoi les obligations redeviennent-elles intéressantes ?
L'année 2026 a été difficile pour les détenteurs d'obligations : ceux qui en possédaient au 1er janvier ont subi la hausse des taux, qui fait baisser le prix des titres existants. Mais pour les nouveaux investisseurs, ou pour ceux qui ont fait le dos rond, cette hausse est une bonne nouvelle : les rendements des douze prochains mois intègrent désormais des taux plus élevés. Des supports comme les fonds obligataires datés permettent de figer un rendement sur une durée connue.
Plusieurs indices concordent en outre vers une détente des taux, surtout si le dossier iranien se résout. Dans ce cas, les obligations profiteraient à la fois de leur rendement et de la hausse de leur prix. Pendant des années, les investisseurs ont vécu dans un monde où il n'y avait pas d'alternative aux actions ; ce n'est plus le cas aujourd'hui.
Comment organiser un audit de son épargne ?
La démarche proposée par Chauncey Schmitt tient en trois étapes. D'abord, faire un état des lieux de tous ses supports d'épargne et de leur rendement. Ensuite, identifier ceux dont le rendement est inférieur à l'inflation, en conservant une épargne de précaution suffisante sur les livrets réglementés. Enfin, réaffecter l'excédent vers des supports plus efficients, en diversifiant entre fonds en euros, obligations et, selon le profil, actions et actifs alternatifs.
Un portefeuille équilibré doit être diversifié, avec un peu de chaque classe d'actifs. Les méthodes pour y parvenir sont détaillées dans notre article sur la protection de l'épargne face à l'inflation. Pour celles et ceux qui ont besoin d'être accompagnés, un conseiller en gestion de patrimoine à Bordeaux peut réaliser cet audit et proposer une allocation adaptée.
FAQ – Stagflation en France
La France est-elle en stagflation en 2026 ?
La France connaît fin 2026 une forme de stagflation légère : le PIB a reculé de 0,1 % au troisième trimestre, avec un acquis de croissance de 0,2 % pour l'année, pendant que l'inflation accélérait à 3,4 % en octobre. Cette situation est surtout importée par l'énergie : hors énergie, les prix ne progressent que de 1,7 %.
Pourquoi l'inflation augmente-t-elle en France en octobre 2026 ?
L'inflation française augmente principalement à cause de l'énergie. Les prix énergétiques progressent de 24 % sur un an et contribuent à hauteur de 1,8 point aux 3,4 % d'inflation totale. Cette hausse reflète le prix mondial du pétrole, porté par le conflit avec l'Iran et les tensions sur le détroit d'Ormuz.
Le Livret A protège-t-il encore contre l'inflation ?
Non, plus en 2026. Avec un Livret A rémunéré à 1,7 % et une inflation de 3,4 %, son rendement réel est négatif d'environ 1,7 point. Il reste toutefois adapté à l'épargne de précaution, qui doit rester liquide et disponible. C'est l'épargne excédentaire qui mérite d'être placée sur des supports plus rémunérateurs.
Où placer son argent quand l'inflation dépasse le rendement des livrets ?
Plusieurs solutions peu risquées offrent fin 2026 un rendement supérieur à l'inflation : les fonds en euros bonifiés, proches de 5 % nets sur deux ans pour les nouveaux versements, et les obligations ou fonds obligataires datés, dont les rendements ont augmenté en 2026. Selon le profil, une part d'actions et d'actifs alternatifs complète l'allocation.
Un accord avec l'Iran ferait-il baisser l'inflation en France ?
Un accord avec l'Iran permettant la réouverture du détroit d'Ormuz ferait baisser le prix du pétrole, principal moteur de l'inflation française. Comme l'énergie explique 1,8 point sur les 3,4 % d'inflation, un retour du baril à des niveaux normaux pourrait mécaniquement diviser par deux l'inflation en France, avec un délai de plusieurs mois.
Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout investissement comporte un risque de perte en capital, à l'exception des supports garantis en capital. Pour toute situation spécifique, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion de patrimoine.






