Se protéger d'un krach consiste à organiser son patrimoine pour qu'une forte baisse des marchés actions reste supportable, sans chercher à deviner le moment où elle surviendra. On ne se protège pas en prédisant, on se protège en dimensionnant : la première protection n'est ni un produit miracle ni un timing génial, c'est l'allocation.
Avec des indices proches de leurs records, des taux longs élevés et un contexte géopolitique difficile, les marchés sont à la croisée des chemins. Le scénario central est moins lisible que d'habitude, ce qui rend d'autant plus nécessaire une méthode capable de fonctionner dans plusieurs configurations.
Cet article présente la méthode utilisée par les gérants professionnels : raisonner par scénarios pondérés, construire une allocation qui reste vivable dans chacun d'eux, puis compléter avec des outils de couverture. Puts, valeurs refuges, obligations d'État de référence, rôle des banques centrales : chaque outil a ses forces et ses angles morts.
Source : cet article est tiré de la vidéo « Krach boursier : les 5 signaux que surveillent les pros » de la chaîne Ingefii.
Points clés à retenir
- L'allocation d'abord : ne pas exposer 100 % de son patrimoine au risque actions, et ne pas tout concentrer sur la tech et l'infrastructure de l'IA à l'intérieur des actions.
- Quatre scénarios pondérés : détente et rotation sectorielle (40 %), correction par les taux (30 %), relance du cycle d'investissement dans l'IA (25 %), stagflation (5 %).
- Le put fonctionne comme un contrat de prévoyance : une prime payée à fonds perdus, qui protège en cas de baisse, mais reste un outil technique réservé aux investisseurs avertis.
- Les obligations d'État de référence paient pour vous couvrir : environ 5 % sur le 10 ans américain et 3,5 % sur le Bund allemand, avec un gain en capital si les investisseurs s'y réfugient.
- Les banques centrales ont réduit leur bilan depuis l'après-Covid, ce qui leur redonne des marges de manœuvre en cas de scénario catastrophe.
Sommaire
- Se protéger d'un krach commence par l'allocation d'actifs
- Raisonner par scénarios plutôt que par prédiction
- Les quatre scénarios qui structurent notre lecture du marché
- Le put, une assurance contre la baisse à manier avec précaution
- Valeurs refuges : où va l'argent quand le marché a peur ?
- Les obligations d'État de référence, une couverture qui rémunère
- Les banques centrales, un filet de sécurité rechargé
- FAQ – Se protéger d'un krach
Se protéger d'un krach commence par l'allocation d'actifs
L'allocation d'actifs est la répartition d'un patrimoine entre différentes classes d'actifs (actions, obligations, monétaire, immobilier, actifs réels) en fonction de l'horizon, des objectifs et de la tolérance au risque de chacun. C'est le levier le plus puissant pour se protéger d'un krach, bien avant le choix des produits ou le moment d'investir.
Pourquoi ne jamais exposer 100 % de son patrimoine aux actions
La règle de base est connue : on ne met pas tous ses œufs dans le même panier. Une allocation investie à 100 % en actions subit l'intégralité d'un krach, soit potentiellement 30 à 50 % de baisse. Une allocation qui associe des actions à des obligations de qualité, du monétaire et des actifs décorrélés amortit le choc et, surtout, permet de rester investi sans paniquer.
Le bon dosage dépend de l'horizon. Une somme dont on aura besoin dans deux ou trois ans n'a pas vocation à être exposée aux actions. Une épargne de long terme peut accepter davantage de volatilité, parce que le temps absorbe les krachs, comme nous l'expliquons dans notre article sur les raisons de ne pas attendre le point bas pour investir avant un krach.
Diversifier aussi à l'intérieur des actions
La diversification ne s'arrête pas à la répartition entre classes d'actifs. À l'intérieur de la poche actions, il est tout aussi important de ne pas tout concentrer sur la tech et l'infrastructure de l'IA. Mi-octobre 2026, le S&P 500 était à 0,2 % de son record alors que 59 % de ses valeurs étaient déjà en bear market individuel : l'indice dépend d'une poignée de dossiers sur lesquels la croyance est la plus chargée.
Un portefeuille construit uniquement sur ces dossiers subirait de plein fouet une déception sur les bénéfices des semi-conducteurs. Un portefeuille qui intègre des secteurs délaissés (santé, consommation, luxe, immobilier coté) dispose d'un amortisseur naturel. C'est l'un des enseignements des cinq signaux d'une bulle boursière, dont plusieurs sont aujourd'hui allumés.
Raisonner par scénarios plutôt que par prédiction
La méthode professionnelle pour se protéger d'un krach consiste à raisonner par scénarios. On définit un scénario central et des scénarios alternatifs plus ou moins crédibles, on attribue à chacun une probabilité, puis on construit une allocation qui répond correctement au scénario central tout en restant vivable dans les scénarios adverses.
Pourquoi un scénario unique est dangereux
Parier tout son patrimoine sur une seule prévision revient à jouer à pile ou face avec son épargne. Même les meilleurs analystes se trompent régulièrement sur la direction des marchés à court terme. Une allocation par scénarios accepte cette incertitude : elle ne cherche pas à avoir raison, elle cherche à ne jamais avoir catastrophiquement tort.
Un contexte plus difficile à lire qu'à l'habitude
Habituellement, un scénario central se dégage assez distinctement. En octobre 2026, la situation est plus partagée. D'un côté, la micro tient bien : les bénéfices des grandes entreprises progressent fortement aux États-Unis comme en Europe, où la croissance bénéficiaire attendue au troisième trimestre atteint 19 % (près de 10 % hors énergie), contre zéro l'année précédente. De l'autre, la macro est difficile : taux longs très élevés, guerres en Ukraine et en Iran, élections de mi-mandat américaines.
Cette tension entre une micro solide et une macro fragile est au cœur de l'analyse. Nous la développions dans notre article sur les deux scénarios possibles entre taux et actions. Elle justifie une allocation d'actifs capable de fonctionner dans plusieurs configurations.
Vos placements sont-ils alignés avec ce contexte ?
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Les quatre scénarios qui structurent notre lecture du marché
Quatre scénarios structurent aujourd'hui notre lecture, avec des probabilités qui reflètent la conviction de nos gérants. Aucun ne correspond à un krach systémique de type 2000 ou 2008, que nous ne jugeons pas probable à ce stade.
| Scénario | Probabilité | Ce qui se passe | Effet sur les marchés |
|---|---|---|---|
| 1. Détente et rotation | 40 % | Ralentissement de la croissance des dépenses d'investissement dans l'IA, baisse des taux longs | Positif, transfert vers les secteurs délaissés |
| 2. Correction par les taux | 30 % | Taux longs élevés qui finissent par peser sur les bénéfices | Négatif à court terme (3 à 4 mois), puis reprise |
| 3. Relance du trade IA | 25 % | Les géants du cloud augmentent encore leurs investissements | Hausse à court terme, fragilité accrue ensuite |
| 4. Stagflation | 5 % | Croissance qui casse et inflation qui persiste | Le plus dangereux : actions et obligations baissent ensemble |
Scénario 1 : la détente et la rotation sectorielle (40 %)
Notre scénario central est une légère décélération de la croissance des dépenses d'investissement dans l'IA. Pas un arrêt, simplement un ralentissement : au lieu d'annoncer des centaines de milliards supplémentaires à chaque trimestre, les géants du cloud réduisent un peu la voilure. Cela pourrait provoquer une baisse des taux longs, qui sont en partie la conséquence des émissions obligataires massives liées à ces investissements.
Une détente des taux longs donnerait une bouffée d'air frais à de nombreux secteurs aujourd'hui étouffés : la santé, la défense, la consommation discrétionnaire, le luxe, l'immobilier. Ce serait une rotation sectorielle à l'intérieur du marché, sans krach, avec un risque cristallisé sur les fournisseurs de puces plutôt que sur les géants du cloud.
Scénario 2 : la correction par les taux (30 %)
Dans ce scénario, les taux longs restent élevés, voire continuent de progresser, et la macro finit par déteindre sur la micro. Les croissances bénéficiaires ralentissent et une simple déception de résultats suffit à faire corriger des marchés aux attentes très chargées. Pas besoin de récession pour cela.
Ce scénario serait négatif à court terme, avec une baisse possible sur trois à quatre mois. Mais il porte en lui sa propre sortie : un ralentissement ferait baisser les taux longs, ce qui redonnerait de l'oxygène aux entreprises. Nous continuons à croire au cycle d'adoption de l'IA et aux gains de productivité, qui n'ont pas encore produit leurs effets.
Scénario 3 : la relance du trade IA (25 %)
Le troisième scénario est une reprise du cycle des dernières semaines : les géants du cloud publient des résultats explosifs et annoncent une nouvelle hausse de leurs investissements. Les flux reviennent sur Nvidia, Micron et l'ensemble des semi-conducteurs. À court terme, c'est positif pour les indices.
Mais c'est un scénario de trajectoire plus que d'état final. La compétition pour le capital relancerait la hausse des taux longs, et l'on reviendrait à la croisée des chemins avec des valorisations plus élevées. Ce serait une forme d'interlude qui gonflerait davantage la bulle, en reportant à plus tard les deux premiers scénarios. Les hyperscalers ne peuvent pas dépenser 200 milliards de dollars par an indéfiniment sans prouver le retour sur investissement, comme nous l'expliquons dans notre article sur la bulle de bénéfices des semi-conducteurs.
Scénario 4 : la stagflation (5 %)
Le pire scénario combine une croissance qui casse et une inflation qui persiste. C'est le plus dangereux pour les portefeuilles prudents, car c'est le monde de 2022 : actions et obligations baissent ensemble, et le refuge classique ne protège plus. Nous le jugeons très minoritaire, car l'effet de base deviendra favorable sur l'inflation à partir de février. Il faudrait une aggravation nette, par exemple un baril à 200 dollars et des raffineries à l'arrêt, pour qu'il se matérialise.
Le put, une assurance contre la baisse à manier avec précaution
Un put est une option de vente qui prend de la valeur quand le marché baisse. C'est l'outil de couverture le plus direct pour se protéger d'un krach : il permet de couvrir les scénarios adverses, en l'occurrence les scénarios 2 et 4, sans vendre ses actions.
Comment fonctionne un put ?
Le plus simple est de voir le put comme un contrat de prévoyance. Un parent qui souscrit une prévoyance décès pour protéger ses enfants paie une cotisation à fonds perdus chaque mois. S'il ne lui arrive rien, tant mieux, mais l'argent est dépensé. S'il lui arrive quelque chose, un capital est débloqué. Le put fonctionne de la même manière : on paie une prime, et si le marché baisse, la protection joue.
Le prix de cette prime dépend de l'offre et de la demande. Quand tout le monde a peur, l'assurance est chère ; quand personne ne s'en soucie, elle est bradée. Paradoxalement, c'est quand l'assurance ne coûte presque rien que le risque est le plus élevé, et c'est historiquement le moment où elle rapporte le plus.
Combien coûte la protection aujourd'hui ?
Début octobre 2026, une protection à trois mois sur le S&P 500 proche des cours coûtait environ 3 % du montant protégé, et une protection contre une baisse de plus de 10 % environ 1 %. Une semaine de turbulences a fait passer le VIX de 14,8 à environ 20, et la même assurance coûte déjà près d'un tiers de plus. Elle reste proche de sa moyenne historique, mais la fenêtre la plus favorable s'est refermée.
Pourquoi les particuliers doivent rester prudents
Le marché des options est technique et risqué pour un investisseur non averti. Une erreur de manipulation peut coûter cher, et certaines stratégies exposent à des pertes supérieures au capital engagé. Moins de 1 % des Français utilisent les options, contre environ 20 % des opérateurs aux États-Unis. Pour la grande majorité des épargnants, il existe des outils de couverture plus accessibles.
Valeurs refuges : où va l'argent quand le marché a peur ?
Les valeurs refuges sont les actifs vers lesquels les investisseurs se replient en période de stress, parce qu'ils sont perçus comme les plus sûrs. Les comprendre suppose de connaître la mécanique « risk-on / risk-off » qui gouverne les marchés financiers.
La mécanique risk-on, risk-off
Les marchés fonctionnent avec deux curseurs. En mode risk-on, les investisseurs cherchent du rendement et prennent du risque. En mode risk-off, ils se délestent en priorité des actifs les plus volatils, à commencer par les actions, pour se réfugier vers ce que les anglo-saxons appellent la « flight to quality » : la fuite vers la qualité suprême. L'argent se dirige alors toujours vers la même courte liste d'actifs.
L'or et l'immobilier sont-ils de vraies valeurs refuges ?
On entend souvent parler de l'or ou de l'immobilier comme valeurs refuges. C'est en partie à tort. L'immobilier peut baisser, et il l'a montré récemment. L'or joue un rôle utile de diversification, notamment face à l'inflation, comme nous l'expliquons à propos de l'intégration de l'or dans une allocation patrimoniale. Mais il a lui-même connu une phase spéculative en début d'année, et ce n'est pas l'actif vers lequel les grands opérateurs se replient en priorité lors d'un krach actions.
Les devises refuges : une protection qui ne rapporte rien
Le franc suisse, le yen et le dollar font partie des valeurs refuges classiques. On peut tout à fait convertir une partie de son épargne en francs suisses. Le problème est qu'une devise ne rémunère quasiment pas et reste un pari de change. Nous ne la recommandons pas comme outil de couverture en tant que telle.
Les obligations d'État de référence, une couverture qui rémunère
Les obligations d'État de référence sont les dettes souveraines considérées comme le placement sans risque ultime par la quasi-totalité des opérateurs de marché. Aux niveaux de taux actuels, elles offrent une option de couverture particulièrement intéressante pour se protéger d'un krach.
Treasuries américains et Bund allemand : les deux références
Aux États-Unis, la référence est la dette du Trésor américain à long terme. Dans la quasi-totalité des crises, lorsque les grands opérateurs sortent des actions, ils se réfugient sur les Treasuries. La demande afflue, les taux baissent, et le détenteur profite à la fois du rendement obligataire et de la hausse de la valeur de son obligation. Le rendement du 10 ans américain, que l'on peut suivre sur la série historique publiée par la Réserve fédérale de Saint-Louis, avoisine aujourd'hui 5 %.
En Europe, l'équivalent est le Bund allemand, qui rapporte environ 3,5 % sur 10 ans. Il offre la même mécanique de refuge, avec l'avantage d'être libellé en euros, donc sans risque de change pour un épargnant français. L'OAT française ne joue malheureusement pas ce rôle aujourd'hui, en raison de la surprime exigée sur le taux à 10 ans de la France.
Une assurance qui vous paie, au lieu de vous coûter
La comparaison avec le put est éclairante. Le put coûte une prime : si le sinistre survient, on est couvert ; sinon, on a payé pour rien. Les obligations d'État de qualité, aux niveaux de taux actuels, fonctionnent comme une assurance qui vous paie pour la détenir. Avec environ 5 % sur le 10 ans américain, l'investisseur est rémunéré pour se couvrir.
| Outil de couverture | Coût ou rendement | Scénarios couverts | Limite principale |
|---|---|---|---|
| Put sur indice | Prime d'environ 1 à 3 % sur trois mois | Toute baisse marquée des actions | Technique, perdu si rien ne se passe |
| Devises refuges | Rendement quasi nul | Stress de marché | Pari de change sans rémunération |
| Treasuries 10 ans | Environ 5 % | Ralentissement, correction | Risque de change pour un investisseur en euros |
| Bund 10 ans | Environ 3,5 % | Ralentissement, correction | Perd de la valeur si les taux remontent |
| Monétaire et or | Variable | Stagflation | Peu efficace face à un krach déflationniste |
Les limites des obligations d'État comme couverture
Cet outil n'est pas parfait. Si le scénario 3 se réalise, avec une relance du cycle d'investissement dans l'IA et des taux longs qui repartent à la hausse, la valeur des obligations diminue. Dans le scénario inflationniste, ce sont plutôt le monétaire et l'or qui feraient le travail. Et pour un investisseur en euros, le 10 ans américain ajoute une exposition au dollar, un sujet de change qui se traite en gestion. Tout est une question de proportion, comme nous l'expliquons dans notre article sur le choix de la duration pour acheter des obligations maintenant.
Les banques centrales, un filet de sécurité rechargé
Les banques centrales sont souvent les pompiers de dernier recours, qui interviennent quand une crise menace de dégénérer. Leur capacité d'intervention est un élément rassurant pour ceux qui craignent un krach de type 2000 ou 2008.
Pourquoi la réduction des bilans est une bonne nouvelle
Après les injections massives de liquidités de la période Covid, la Réserve fédérale et surtout la BCE ont mené des politiques de resserrement quantitatif : elles ont réduit la taille de leur bilan, asséchant une partie des liquidités du marché. La Fed a depuis ralenti ce mouvement, mais le travail a été fait. Leurs bilans sont aujourd'hui plus contenus qu'au sortir de la pandémie.
Concrètement, elles disposent de nouveau de cartouches pour intervenir si un scénario catastrophe se profilait. En 2020, c'est l'action de la Fed qui a permis la récupération en six mois. Avoir des banques centrales qui ont rechargé leurs batteries est un élément que tout investisseur doit garder en tête.
Penser au coup d'après
Se protéger d'un krach, c'est aussi anticiper la sortie. Un krach ne se termine jamais tout seul : c'est la réaction des banques centrales et des États qui en dessine l'issue. Cette lecture complète les règles à fixer à froid (ne pas rattraper un couteau qui tombe, définir des paliers à l'avance) et permet de ne pas vendre au plus mauvais moment.
Construire sa protection avant la tempête
La pire décision d'un krach ne se prend pas pendant le krach, elle se prend avant, quand on a construit un portefeuille qu'on n'est pas capable de tenir. Une allocation d'actifs pensée par scénarios, diversifiée à l'intérieur des actions et complétée par des obligations d'État de qualité permet de traverser les baisses sans les subir. C'est le principe de la méthode de gestion d'Ingefii : analyser la macro, les valorisations et les flux, puis ajuster l'allocation en fonction du risque.
FAQ – Se protéger d'un krach
Comment protéger son portefeuille d'un krach boursier ?
La première protection contre un krach est l'allocation : ne pas exposer 100 % de son patrimoine aux actions et diversifier aussi à l'intérieur de la poche actions. On peut ensuite compléter avec des obligations d'État de référence (Treasuries américains, Bund allemand), qui profitent généralement des phases de panique, et, pour les investisseurs avertis, avec des puts. L'essentiel est de construire cette protection avant la baisse, pas pendant.
Quelles sont les vraies valeurs refuges en cas de krach ?
En cas de krach, les grands opérateurs se réfugient en priorité sur les dettes souveraines de référence (Treasuries américains et Bund allemand) et sur les devises refuges (franc suisse, yen, dollar). L'or et l'immobilier sont souvent cités, mais l'immobilier peut baisser et l'or n'est pas l'actif de repli prioritaire lors d'un krach actions. Les devises ne rapportent quasiment rien, alors que les obligations d'État rémunèrent aujourd'hui.
Les obligations d'État protègent-elles vraiment contre un krach ?
Les obligations d'État de référence protègent efficacement dans les scénarios de ralentissement économique, car les investisseurs s'y réfugient, ce qui fait baisser les taux et monter leur valeur. Aujourd'hui, le 10 ans américain rapporte environ 5 % et le Bund environ 3,5 %. Elles protègent mal en revanche dans un scénario de stagflation ou de remontée des taux, comme en 2022.
Un particulier peut-il acheter des puts pour se couvrir ?
Un particulier peut techniquement acheter des puts, mais c'est un outil complexe et risqué pour un investisseur non averti. Une erreur de manipulation peut coûter cher, et certaines stratégies sur options exposent à des pertes supérieures au capital engagé. Moins de 1 % des Français utilisent les options, et la plupart des épargnants ont intérêt à passer par l'allocation et les obligations de qualité.
Quel est le scénario le plus dangereux pour un portefeuille prudent ?
Le scénario le plus dangereux pour un portefeuille prudent est la stagflation : une croissance qui casse combinée à une inflation qui persiste. Dans ce cas, actions et obligations baissent ensemble, comme en 2022, et le refuge obligataire classique ne protège plus. Ce sont alors le monétaire et l'or qui jouent le rôle de couverture. Nous estimons sa probabilité à environ 5 % aujourd'hui.
Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé ni une recommandation d'achat ou de vente. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour toute situation spécifique, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion de patrimoine.






