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Taux ou actions, qui va craquer : les deux scénarios pour les marchés

La hausse des taux longs désigne la progression des taux auxquels les États empruntent sur dix ans et plus. À la rentrée 2026, elle a porté le taux à 10 ans américain au-dessus de 5 %, un niveau plus vu depuis 2007, et l'OAT française à 4,53 %, un plus haut depuis 2008. Dans le même temps, le S&P 500 évolue à seulement 3 % de ses records historiques.

Ce face-à-face ne peut pas durer indéfiniment. Des taux durablement élevés finissent toujours par peser sur l'économie réelle, et une bourse au plus haut suppose que cette pression reste supportable. La question posée par cette rentrée est donc simple : entre les taux et la bourse, qui va craquer le premier ?

Cet article détaille pourquoi les taux sont devenus le premier moteur des marchés, comment ils se transmettent à toute l'économie, puis présente les deux scénarios retenus par Chauncey Schmitt : un scénario central où les taux flanchent les premiers, et un scénario alternatif où la résilience des marchés cède. Il se termine par la conduite à tenir, identique dans les deux cas.

Source : cet article est tiré de l'analyse de marché hebdomadaire menée avec Chauncey Schmitt, Directeur de la Gestion Privée chez Ingefii, dans l'épisode « Les deux scénarios possibles pour les marchés » du podcast Ingefii.

Points clés à retenir

  • Des taux au plus haut depuis 15 à 20 ans : 5,04 % sur le 10 ans américain (5,39 % sur le 30 ans), 4,53 % pour la France, 3,56 % pour l'Allemagne et 3,03 % pour le Japon à la mi-septembre 2026.
  • L'inflation reprend la main : un taux long additionne croissance, anticipations d'inflation et prime de terme ; la dernière hausse est surtout tirée par les anticipations d'inflation, nourries par le pétrole.
  • Scénario central, les taux flanchent : auto-freinage récessif, effets de base favorables dès le premier trimestre 2027 et intervention probable des autorités, après une éventuelle capitulation finale.
  • Scénario alternatif, la résilience craque : pétrole durablement au-dessus de 120 dollars, anticipations d'inflation ancrées et véritable cycle de resserrement monétaire, avec correction des bénéfices.
  • La même conduite dans les deux cas : traverser la volatilité sans panique, rester diversifié et profiter du retour du rendement sur les placements de taux.

Le paradoxe de la rentrée 2026 : taux au plus haut, bourse au plus haut

La rentrée 2026 réunit trois éléments qui semblent incompatibles : des taux d'emprunt d'État au plus haut depuis quinze à vingt ans selon les pays, un baril de Brent autour de 108 dollars, et un S&P 500 qui ne se situe qu'à 3 % de ses records historiques. Jusqu'où la résilience des marchés peut-elle tenir face à la pression des taux ? C'est toute la question de cette séquence.

Où en sont les taux souverains à la mi-septembre 2026 ?

À la mi-septembre 2026, les taux souverains à 10 ans progressent dans toutes les grandes zones économiques. Le taux américain a franchi le seuil symbolique des 5 %, et l'OAT française comme le Bund allemand évoluent sur des niveaux inconnus depuis 2008. Le mouvement est mondial et synchronisé, et c'est précisément ce qui en fait un sujet de marché majeur.

Taux souverainNiveau mi-septembre 2026Repère historique
États-Unis 10 ans5,04 %Plus haut depuis 2007
États-Unis 30 ans5,39 %Au-dessus du 10 ans
France 10 ans (OAT)4,53 %Niveau inconnu depuis 2008
Allemagne 10 ans (Bund)3,56 %Niveau inconnu depuis 2008
Japon 10 ans3,03 %En progression

Faut-il s'inquiéter de la volatilité actuelle ?

La volatilité actuelle s'inscrit dans un contexte saisonnier connu. Septembre et octobre sont historiquement les mois les plus agités de l'année boursière, et 2026 est une année d'élections de mi-mandat aux États-Unis, ce qui amplifie traditionnellement le phénomène. Cette saisonnalité ne justifie pas la panique : elle invite à aborder les semaines qui viennent avec vigilance, en comprenant les forces en présence.

Pourquoi les taux sont devenus le premier moteur des marchés

Un market mover est le facteur qui concentre l'attention des investisseurs et dicte le sens des marchés à un moment donné. Le marché porte très souvent son attention sur un sujet dominant. Depuis la fin du mois de juillet 2026, ce sujet est clairement celui des taux longs, avec l'intelligence artificielle en second plan.

Quand la hausse des taux a-t-elle commencé ?

La séquence actuelle a véritablement débuté le 31 juillet 2026, avec la tentative de Scott Bessent, secrétaire au Trésor américain, de soutenir le yen japonais. Cette première tentative de contrôler indirectement la dérive des taux longs américains s'est révélée infructueuse, tout comme les moyens détournés utilisés ensuite par le Trésor. Depuis, les taux ont continué de progresser, semaine après semaine.

Les causes de fond sont identifiées : une concurrence inédite entre emprunteurs. D'un côté, les États financent la transition écologique, des budgets de défense en hausse et la réindustrialisation. De l'autre, les hyperscalers émettent massivement des obligations pour financer leurs infrastructures d'intelligence artificielle. Tous ces emprunteurs sollicitent la même épargne mondiale, ce qui pousse les taux vers le haut.

De quoi se compose un taux long ?

Un taux long est l'addition de trois composantes : les perspectives de croissance, les anticipations d'inflation et la prime de terme. La prime de terme rémunère le risque propre à l'emprunteur et à la durée du prêt. C'est elle qui explique qu'à durée égale, la France emprunte plus cher que l'Allemagne : le marché considère que le risque français est plus élevé, avec un écart proche d'un point de pourcentage entre l'OAT et le Bund.

Composante du taux longCe qu'elle mesureRôle dans la hausse de septembre 2026
Perspectives de croissanceDynamique attendue de l'économieSecondaire
Anticipations d'inflationPerte de pouvoir d'achat attenduePrincipal moteur de la dernière semaine
Prime de termeRisque propre à l'emprunteur et à la duréeStructurellement élevée (dettes, concurrence entre emprunteurs)

Pourquoi l'inflation reprend-elle la main ?

Sur la dernière semaine, ce sont les anticipations d'inflation qui ont tiré les taux, portées par le pétrole et la recrudescence des tensions au Moyen-Orient. Trois points de passage du pétrole mondial sont sous tension simultanément : le détroit d'Ormuz, l'oléoduc saoudien Est-Ouest et le détroit de Bab el-Mandeb. Le mécanisme est détaillé dans notre article sur le prix du pétrole en 2026 et le baril qui monte quand la demande recule. La boucle géopolitique, pétrole, inflation, taux constitue aujourd'hui le principal facteur de risque des marchés.

Comment les taux élevés se transmettent à toute l'économie

Des taux élevés ne concernent pas que les États. Le taux d'emprunt souverain sert de référence à l'ensemble des financements : quand il monte, le coût du crédit augmente pour tous les agents économiques, avec un décalage plus ou moins long selon les pays et les types de prêts.

Comment les ménages sont-ils touchés ?

Les ménages sont touchés par le renchérissement du crédit immobilier et du crédit à la consommation. Dans de nombreux pays, l'endettement immobilier se fait à taux variable, ce qui accélère la transmission : la hausse des taux se répercute presque immédiatement sur les mensualités. La France fait figure d'exception avec la prédominance du taux fixe, qui protège les emprunteurs en place. Aux États-Unis, où le crédit à la consommation est très développé, l'effet sur le pouvoir d'achat est plus direct.

Comment les entreprises sont-elles touchées ?

Pour les entreprises, se financer coûte plus cher. Qu'il s'agisse de racheter une autre société, de développer un nouveau produit ou de s'implanter sur un nouveau marché, chaque projet doit désormais dégager un rendement supérieur pour couvrir son coût de financement. Certains investissements deviennent non rentables. Les entreprises les plus endettées sont les premières exposées, comme le montre le cas des acteurs de l'IA financés par la dette, analysé dans notre article sur le coût du capital dans l'IA, entre CoreWeave à 10 % et la Chine à 1,68 %.

Pourquoi des taux durablement élevés sont-ils récessifs ?

Des taux durablement élevés sont récessifs parce qu'ils freinent simultanément l'investissement des entreprises, la consommation des ménages et la capacité des États à soutenir l'activité. Au bout d'un moment, le risque est que ce renchérissement généralisé du crédit enraye réellement la machine économique. C'est exactement ce que le marché tente d'évaluer en ce moment, et c'est ce qui alimente la volatilité.

Scénario central : les taux flancheront les premiers

Face à l'incertitude, la méthode d'un gérant consiste à établir un scénario central, jugé le plus probable, et un scénario alternatif, moins probable mais crédible. Chauncey Schmitt le reconnaît : à ce stade, les éléments manquent pour trancher avec certitude. Sur la direction, en revanche, sa conviction est assez ferme : ce sont plutôt les taux qui devraient craquer.

Quelles forces peuvent faire baisser les taux ?

Trois forces soutiennent ce scénario. D'abord, des taux durablement élevés portent en eux leur propre freinage : en renchérissant le crédit des ménages, des entreprises et des États, ils finissent par provoquer le ralentissement qui entraîne leur détente. Ensuite, à partir du premier trimestre 2027, les effets de base sur l'inflation s'inverseront : les prix se compareront à des niveaux déjà gonflés par les tensions énergétiques de 2026, ce qui fera mécaniquement baisser l'inflation mesurée. Enfin, les autorités ne resteront probablement pas spectatrices. Ces mécanismes sont détaillés dans notre article sur les forces qui peuvent amorcer la baisse des taux longs.

Pourquoi l'administration américaine interviendrait-elle ?

L'administration américaine interviendrait parce que des taux trop élevés contrarient ses deux priorités : financer des déficits considérables et gagner la course à l'intelligence artificielle face à la Chine. Des taux longs au-dessus de 5 % freinent les investissements massifs dans les infrastructures d'IA et alourdissent la charge de la dette. Le Trésor américain n'est pas à l'aise avec ces niveaux, et plusieurs outils restent disponibles, comme le contrôle de la courbe des taux (yield curve control), qui consiste pour une banque centrale à plafonner certains taux en achetant des obligations.

Une autre voie serait diplomatique. Un retour à la table des négociations avec l'Iran, même sur un accord jugé au rabais, ferait refluer le pétrole, et avec lui la composante inflationniste des taux. Compte tenu des enjeux, Chauncey Schmitt estime que Donald Trump cherchera à ramener le baril vers 70 à 80 dollars, parce que derrière le prix du pétrole se joue aussi la course à l'IA.

Faut-il s'attendre à une dernière poussée des taux ?

À très court terme, il pourrait manquer une capitulation, un dernier mouvement haussier, pour que les taux flanchent enfin. Elle pourrait venir de l'épicentre de la crise, avec un pic de tension au Moyen-Orient, ou d'un discours ferme de Kevin Warsh. La Réserve fédérale devait rendre sa décision le 16 septembre 2026, et le marché n'excluait plus une hausse des taux directeurs depuis le discours offensif de Jackson Hole. Ce serait douloureux sur le moment, mais ce type de capitulation finale marque souvent la fin d'un mouvement plutôt que le début d'un nouveau.

Le point décisif est ailleurs : à ce stade, rien de tout cela ne remet en cause la croissance bénéficiaire attendue des entreprises. Chauncey Schmitt estime que le marché n'est pas loin du pic de pessimisme sur les taux. Sur le calendrier, en revanche, l'honnêteté oblige à le dire : personne ne sait quand la détente interviendra. Le vrai risque est que la dynamique économique se détériore avant qu'elle n'arrive.

Scénario alternatif : la résilience craque avant les taux

Le scénario alternatif mérite d'être regardé en face. Ce n'est pas le scénario central, mais il n'est pas exclu. Il correspond à une situation où la détente attendue n'arrive pas, et où les taux restent durablement au-dessus de 5 %, voire continuent de monter.

Comment ce scénario pourrait-il se matérialiser ?

Ce scénario se matérialiserait si la situation au Moyen-Orient s'enlisait, si le pétrole s'installait durablement au-dessus de 120 dollars, et si les anticipations d'inflation s'ancraient. Le spectre d'une boucle prix-salaires prendrait alors du poids : la hausse des prix alimenterait des revendications salariales, qui pousseraient à leur tour les entreprises à relever leurs prix. L'inflation ne serait plus seulement liée à un choc d'offre temporaire, mais deviendrait auto-entretenue, ce que les banques centrales veulent éviter à tout prix.

Pourquoi ce scénario serait-il beaucoup plus problématique pour les actions ?

Dans ce cas, ce ne serait plus une simple hausse isolée des taux directeurs qui menacerait, mais un véritable cycle de resserrement monétaire de la part de la Fed, et potentiellement de la BCE. Ce serait beaucoup plus problématique pour les actions, pour deux raisons. La première est économique : un resserrement monétaire freine l'investissement et la consommation, donc les bénéfices des entreprises finiraient par être révisés à la baisse. La seconde est financière : la valeur des entreprises, en particulier des valeurs de croissance, se calcule en actualisant leurs flux futurs au taux du moment, et des taux plus élevés compriment mécaniquement ces valorisations.

La correction de valorisation actuelle se doublerait alors d'une correction des profits. C'est la différence essentielle avec la situation présente, où le PER prospectif du S&P 500 est retombé autour de 19 alors que les bénéfices progressent, comme l'explique notre analyse du PER prospectif du S&P 500, un marché au record mais pas plus cher.

Quels signaux rendraient ce scénario plus probable ?

Trois signaux rendraient ce scénario plus probable. Le premier serait une réouverture du détroit d'Ormuz qui tarde au-delà de l'hiver, installant le choc pétrolier dans la durée. Le deuxième serait le passage des révisions bénéficiaires en territoire négatif, signe que les taux commencent à mordre sur l'économie réelle. Le troisième serait un marché du crédit qui se ferme aux emprunteurs les plus fragiles, comme on en a vu les prémices cet été.

Signal d'alerteCe qu'il indiqueraitOù l'observer
Ormuz toujours bloqué au-delà de l'hiverChoc pétrolier installé dans la duréeFlux maritimes, rapports mensuels de l'AIE
Révisions bénéficiaires négativesLes taux mordent sur l'économie réelleConsensus des analystes, saisons de résultats
Fermeture du crédit aux emprunteurs fragilesDurcissement des conditions financièresSpreads de crédit, émissions à haut rendement

Les deux scénarios comparés

Les deux scénarios ne s'opposent pas sur le constat, mais sur la durée de la pression exercée par les taux. Le scénario central suppose une détente dans un délai compatible avec la tenue des bénéfices. Le scénario alternatif suppose une pression assez longue pour dégrader l'économie réelle.

CritèreScénario central : les taux flanchentScénario alternatif : la résilience craque
Probabilité selon l'analyseLa plus élevéePlus faible, mais non exclue
PétroleReflux progressif, accord possibleDurablement au-dessus de 120 dollars
InflationEffets de base favorables dès le T1 2027Anticipations ancrées, boucle prix-salaires
Politique monétaireHausse ponctuelle possible, puis détenteCycle de resserrement Fed et potentiellement BCE
Bénéfices des entreprisesCroissance maintenueRévisions à la baisse
ActionsVolatilité puis ressort de rebondCorrection des multiples et des profits
Obligations à duration longueGains en capital si les taux baissentNouvelles moins-values si les taux montent

Ce qu'il faut faire dans les deux cas

Dans les deux scénarios, la conduite à tenir est la même à court terme. C'est l'un des enseignements les plus utiles de cette analyse : il n'est pas nécessaire de savoir quel scénario l'emportera pour prendre de bonnes décisions patrimoniales aujourd'hui.

Faut-il vendre ses actions face à la hausse des taux ?

Il ne faut pas vendre ses actions dans la panique face à la hausse des taux. On ne vend pas un marché dont les bénéfices progressent et dont la valorisation vient de revenir sur ses points bas de dix-huit mois. La bonne attitude consiste à accepter de traverser une saison de volatilité, statistiquement la plus agitée de l'année, élections de mi-mandat comprises. L'histoire de ces scrutins, détaillée dans notre article sur ce que l'histoire du S&P 500 dit des élections de mi-mandat depuis 1950, montre que ces périodes agitées ont historiquement précédé une phase de dégagement.

Est-ce le moment d'acheter des obligations ?

Les taux élevés ont une contrepartie heureuse : le marché obligataire est redevenu l'un des plus rémunérateurs depuis près de vingt ans. Les placements de taux et les produits structurés retrouvent du rendement. Dans le scénario central, les obligations à duration longue offriraient en plus un potentiel de gain en capital : quand les taux baissent, le prix des obligations existantes monte, d'autant plus fortement que leur échéance est lointaine.

Chauncey Schmitt apporte toutefois une nuance importante : acheter des obligations longues dans l'espoir d'une baisse rapide des taux reste un pari de court terme, qu'il n'a pas forcément envie de faire. Dans le scénario alternatif, ces mêmes obligations subiraient de nouvelles moins-values. L'intérêt des placements obligataires se raisonne donc d'abord en rendement sur la durée, et seulement ensuite en potentiel de plus-value.

Comment rester diversifié dans ce contexte ?

Rester diversifié est le maître mot quand aucun scénario ne peut être tenu pour certain. Une allocation équilibrée entre actions de qualité, placements de taux redevenus rémunérateurs et actifs réels permet de traverser les deux scénarios sans devoir tout miser sur l'un d'eux. Les grandes performances se préparent dans des périodes comme celle-ci, avec de la méthode et du sang-froid, plutôt qu'avec des paris sur l'issue d'un conflit ou d'une réunion de banque centrale.

Classe d'actifsRôle dans l'allocationPoint de vigilance
ActionsMoteur de performance tant que les bénéfices progressentSurveiller les révisions bénéficiaires
Obligations et placements de tauxRendement retrouvé, potentiel de gain si les taux baissentSensibilité à la duration dans le scénario alternatif
Produits structurésConditions améliorées par des taux plus élevésComprendre le mécanisme et le risque de l'émetteur
Actifs réels et énergieAmortisseur en cas de choc inflationnisteUtiles s'ils sont en place avant le choc

FAQ – Hausse des taux et marchés actions

Pourquoi les taux d'intérêt augmentent-ils en 2026 ?

Les taux d'intérêt augmentent en 2026 en raison d'une concurrence inédite entre emprunteurs (États qui financent défense, transition et réindustrialisation, hyperscalers qui financent l'IA) et, plus récemment, de la hausse des anticipations d'inflation liée au pétrole. Le taux à 10 ans américain a dépassé 5 % en septembre 2026, un niveau plus vu depuis 2007.

Pourquoi la bourse ne baisse-t-elle pas malgré la hausse des taux ?

La bourse ne baisse pas fortement malgré la hausse des taux parce que les bénéfices des entreprises continuent de progresser. Le S&P 500 évolue à environ 3 % de ses records alors que son PER prospectif est retombé autour de 19. La hausse des marchés s'appuie sur la croissance des profits, pas sur une expansion des valorisations, ce qui la rend plus résistante.

Les taux longs vont-ils baisser ?

Le scénario central retenu par Chauncey Schmitt est une détente des taux longs, sous l'effet du freinage économique qu'ils provoquent, d'effets de base favorables sur l'inflation dès le premier trimestre 2027 et d'une probable intervention des autorités américaines. Le calendrier reste incertain, et une dernière poussée des taux n'est pas exclue à court terme.

Quel est le risque pour les actions si les taux restent élevés ?

Si les taux restaient durablement élevés, avec un pétrole au-dessus de 120 dollars et une inflation ancrée, les banques centrales pourraient engager un cycle de resserrement monétaire. Les bénéfices des entreprises seraient alors révisés à la baisse et les valorisations comprimées. La correction de valorisation se doublerait d'une correction des profits, beaucoup plus pénalisante pour les actions.

Faut-il acheter des obligations quand les taux sont élevés ?

Des taux élevés rendent les obligations plus rémunératrices, ce qui en fait une composante intéressante d'une allocation diversifiée. Les obligations à duration longue peuvent en plus générer des gains en capital si les taux baissent. Miser sur cette baisse reste toutefois un pari de court terme : si les taux continuent de monter, ces obligations subiraient des moins-values.

Comment les taux d'État influencent-ils le crédit des particuliers ?

Les taux d'État servent de référence à l'ensemble des financements. Quand ils montent, le crédit immobilier et le crédit à la consommation renchérissent. Dans les pays où les prêts sont majoritairement à taux variable, la hausse se répercute rapidement sur les mensualités. En France, la prédominance du taux fixe protège les emprunteurs en place, mais pas les nouveaux emprunteurs.

Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé, ni une recommandation d'achat ou de vente. Les scénarios présentés reflètent l'analyse de l'intervenant à la mi-septembre 2026 et peuvent évoluer rapidement. Les performances passées ne présagent pas des performances futures. Pour adapter votre allocation à ces scénarios, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion privée de patrimoine.

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