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Prix de l’or en 2026 : pourquoi il baisse malgré les crises

Le prix de l'or baisse en 2026 alors que le contexte géopolitique n'a jamais semblé aussi tendu : guerre en Iran, détroit d'Ormuz perturbé, pétrole au-dessus de 100 dollars. Après un record historique proche de 5 400 dollars l'once au début de l'année, le métal jaune s'échange autour de 4 100 dollars début octobre, pendant que les grands indices actions restent proches de leurs sommets.

Pour beaucoup d'épargnants, ce mouvement semble contredire tout ce qu'ils ont appris : l'or n'est-il pas censé protéger dans les périodes de crise ? La réponse tient en grande partie aux rendements obligataires. Un actif qui ne verse ni dividende ni coupon devient moins attractif quand la dette des États rapporte plus de 5 %.

Cet article explique pourquoi le prix de l'or recule malgré les tensions, ce qui le pilote réellement, et pourquoi cette baisse ne remet pas en cause sa place dans une allocation patrimoniale construite pour le moyen et le long terme.

Source : cet article est tiré de la vidéo « Faut-il investir dans l'or maintenant ? » de la chaîne Ingefii.

Points clés à retenir

  • Un recul marqué : le prix de l'or est passé d'un record proche de 5 400 dollars l'once au début de 2026 à environ 4 100 dollars début octobre, soit une baisse d'environ un quart.
  • Le coût d'opportunité : l'or ne verse aucun revenu. Quand une dette d'État de bonne qualité rapporte plus de 5 %, détenir de l'or coûte plus cher en rendement abandonné.
  • Une Fed plus restrictive : la Réserve fédérale a relevé ses taux le 16 septembre 2026, une première depuis 2023, ce qui renforce l'attrait des placements rémunérés.
  • La dépréciation monétaire : face à des dettes publiques que personne ne cherche à réduire, le risque de voir les banques centrales imprimer de la monnaie pour plafonner les taux longs reste la principale raison de détenir de l'or.
  • Une poche d'environ 5 % : Ingefii recommande une allocation moyenne autour de 5 % en or, à moduler selon le profil, dans une logique de moyen et long terme.

Le prix de l'or recule en pleine crise : le paradoxe de 2026

De combien le prix de l'or a-t-il baissé ?

Le prix de l'or a perdu environ un quart de sa valeur depuis son record du début d'année. L'once a dépassé 5 400 dollars au premier trimestre 2026, au terme d'un rallye qui avait vu le métal jaune progresser de plus de 60 % en 2025. Début octobre, elle se négocie autour de 4 100 dollars. Sur la même période, les grands indices actions américains et européens restent proches de leurs plus hauts historiques.

Cette divergence est inhabituelle. Dans l'imaginaire collectif, l'or et les actions évoluent souvent en sens inverse : les actions montent quand tout va bien, l'or monte quand tout va mal. En 2026, le scénario est différent : les actions tiennent, l'or recule, et la situation géopolitique reste pourtant dégradée.

Pourquoi la géopolitique ne suffit plus à soutenir l'or

La tension géopolitique n'est qu'un des moteurs du cours, et rarement le plus durable. Une crise soudaine provoque un afflux d'achats de précaution, qui fait monter le cours sur quelques jours ou quelques semaines. Mais une fois la crise installée, les investisseurs reviennent à des critères plus froids : combien rapporte l'or par rapport aux autres placements disponibles ?

C'est exactement ce qui se passe depuis le printemps. Le conflit au Moyen-Orient et le blocage partiel du détroit d'Ormuz ont fait flamber le pétrole, qui a nourri l'inflation, qui a poussé les banques centrales à relever leurs taux. Résultat : la crise géopolitique a fini par pénaliser l'or de manière indirecte, en faisant monter la rémunération des placements concurrents.

Pour l'épargnant, la leçon est simple : l'or n'est pas une assurance contre chaque mauvaise nouvelle. C'est une protection contre un risque précis, que nous détaillons plus bas, et son prix de court terme dépend avant tout du niveau des taux.

Les rendements obligataires, premier moteur de la baisse

Un actif sans revenu face à une dette à plus de 5 %

L'or est un actif à rendement nul : il ne verse pas de dividende comme une action, ni de coupon comme une obligation. Sa seule source de performance est la variation de son prix. Tant que les placements sans risque rapportent peu, ce défaut ne coûte presque rien. Quand ils rapportent beaucoup, il devient un handicap sérieux.

Or, en 2026, il n'est plus compliqué de trouver de la dette à plus de 5 %. Le taux du Trésor américain à 30 ans évolue au-delà de ce seuil, et l'OAT française à 10 ans s'en est approchée le 1er octobre, à son plus haut niveau depuis 2002. Un investisseur institutionnel qui hésite entre une once d'or et une obligation d'État notée A ou AA voit désormais un écart de rémunération très concret.

La conséquence est mécanique : une partie des capitaux qui s'étaient placés sur l'or pendant les années de taux bas repart vers les obligations. Ces flux vendeurs suffisent à faire reculer le métal jaune, même si les raisons de fond de le détenir n'ont pas disparu.

Le coût d'opportunité, clé de lecture du prix de l'or

Le coût d'opportunité est le rendement auquel on renonce en choisissant un placement plutôt qu'un autre. Pour l'or, c'est le taux qu'aurait rapporté le même capital placé sur une obligation sans risque. Plus ce taux est élevé, plus le manque à gagner augmente, et plus son attrait relatif diminue.

Vos placements sont-ils alignés avec ce contexte ?

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Prenons un exemple simple. Avec 100 000 euros placés sur une obligation d'État à 4,8 %, un investisseur encaisse 4 800 euros de coupons par an. Avec la même somme investie en or, il ne touche rien : il doit espérer une hausse du cours d'au moins 4,8 % par an simplement pour faire jeu égal. Quand les taux étaient proches de zéro, ce manque à gagner n'existait quasiment pas, ce qui explique en partie le rallye de l'or des années précédentes.

Ce paramètre ne dit rien de la valeur de long terme de l'or. Il explique en revanche pourquoi son prix réagit fortement, à court terme, aux mouvements de taux.

La Fed de Warsh accentue la pression sur l'or

La politique monétaire américaine pèse directement sur l'or, coté en dollars. Le 16 septembre 2026, la Réserve fédérale présidée par Kevin Warsh a relevé son taux directeur de 25 points de base, à une fourchette de 3,75 % à 4,00 %, sa première hausse depuis 2023. La majorité des membres du comité anticipe au moins une hausse supplémentaire d'ici la fin de l'année.

Cette orientation renforce les rendements obligataires américains et soutient le dollar. Les deux effets jouent contre l'or : des placements en dollars mieux rémunérés d'un côté, un métal plus cher pour les acheteurs hors zone dollar de l'autre. Tant que la Fed garde ce cap, l'or reste sous pression à court terme.

Taux réel et banques centrales : ce qui pèse vraiment sur le prix de l'or

Le taux réel, variable que surveillent les gérants

Le taux réel est le taux d'intérêt nominal diminué de l'inflation anticipée. C'est lui, plus que le taux nominal, qui mesure le vrai coût d'opportunité de l'or. Une obligation à 5 % dans un monde où l'inflation atteint 5 % ne rapporte rien en pouvoir d'achat, et l'or n'a alors pas de raison d'être délaissé.

En 2026, les taux nominaux montent plus vite que les anticipations d'inflation de long terme : les marchés pensent que les banques centrales finiront par ramener l'inflation vers 2 %. Les taux réels progressent donc, ce qui explique la pression sur le métal. Nous avons détaillé ce raisonnement dans notre article sur le taux réel, seule métrique qui protège vraiment votre épargne.

Pourquoi la relation entre taux et or n'est pas mécanique

La relation entre rendements obligataires et prix de l'or n'est pas une loi physique. Entre 2022 et 2025, les taux ont fortement monté et l'or a pourtant battu record sur record. L'explication tient aux achats massifs des banques centrales, en particulier dans les pays émergents, qui ne raisonnent pas en coût d'opportunité mais en diversification de leurs réserves.

La Chine illustre bien ce changement de comportement. Depuis plusieurs années, elle a cessé de renforcer ses avoirs en bons du Trésor américain et a concentré ses achats sur l'or. Pour une banque centrale qui veut réduire sa dépendance au dollar, l'or présente un avantage décisif : il n'est la dette de personne. Nous avons analysé cette dynamique dans notre article sur les achats d'or des banques centrales pendant la correction.

Ces acheteurs structurels limitent l'ampleur des baisses. Ils ne suffisent pas à empêcher une correction quand les investisseurs financiers, eux, vendent pour se repositionner sur les obligations.

Le dollar, troisième variable à suivre

Le prix de l'or est exprimé en dollars, ce qui crée un effet de change souvent sous-estimé par les épargnants européens. Quand le dollar se renforce, l'once devient plus chère pour un acheteur en euros, ce qui freine la demande mondiale. Pour un investisseur français, la performance de l'or dépend donc à la fois du cours en dollars et de l'évolution de l'euro face au billet vert.

Début octobre, l'euro s'échange autour de 1,12 dollar. Un affaiblissement du dollar dans les prochains mois pourrait soutenir l'once en dollars, tout en réduisant le gain converti en euros. Il faut garder ces deux effets en tête avant de juger la performance d'une poche d'or.

La dépréciation monétaire, raison de fond pour garder de l'or

Des dettes publiques qu'aucun État ne cherche à réduire

La dépréciation monétaire désigne la perte de pouvoir d'achat d'une monnaie provoquée par une création monétaire excessive. Ce risque est devenu central dans l'analyse d'Ingefii, parce que l'endettement des grandes économies progresse sans qu'aucune trajectoire crédible de réduction ne soit sur la table.

La France peine à voter un budget, les États-Unis affichent un déficit annuel proche de 1 800 milliards de dollars, et la plupart des grandes économies suivent la même pente. Toutes les discussions portent sur des dépenses supplémentaires : la défense, l'intelligence artificielle, la transition énergétique, et de plus en plus le simple paiement des intérêts de la dette existante. Respecter un budget, et a fortiori dégager un excédent pour rembourser, ne fait partie d'aucun débat sérieux.

Or c'est la seule voie naturelle pour rendre une dette soutenable : dépenser moins que ce que l'on encaisse, comme le ferait une entreprise, et réduire peu à peu son stock de dette. Dès lors que cette voie est écartée, il reste des solutions moins confortables pour les épargnants.

Comment une banque centrale plafonne les taux longs

Pour éviter que la charge de la dette n'explose, les banques centrales peuvent être tentées de plafonner les taux longs en achetant elles-mêmes des obligations d'État, avec de la monnaie qu'elles créent. Cette « planche à billets » maintient les taux sous l'inflation et réduit progressivement le ratio de dette sur PIB, sans que l'État ait à rembourser au sens strict.

La faiblesse de cette technique est évidente : l'euro de demain vaut moins que l'euro d'aujourd'hui. Les détenteurs d'épargne monétaire et obligataire paient la facture sous forme d'inflation. Cette mécanique porte un nom, la répression financière, que nous avons décrite en détail dans notre article sur la répression financière et le précédent américain de l'après-guerre.

Les premiers signes de cette tentation sont visibles. Au cours de l'été 2026, le Trésor américain a multiplié les gestes pour contenir ses taux longs, avec des rachats de dette renforcés. Ce sont encore des signaux faibles, mais ils vont dans le sens d'un risque de plus en plus crédible.

Pourquoi l'or protège contre la dépréciation monétaire

L'or protège contre la dépréciation monétaire pour une raison très simple : on ne peut pas l'imprimer. Sa production minière augmente le stock mondial d'environ 1,5 % à 2 % par an, un rythme sans commune mesure avec la création monétaire possible d'une banque centrale. Quand la valeur d'une monnaie se dilue, l'or conserve la sienne exprimée dans cette monnaie.

C'est pourquoi la baisse actuelle du prix de l'or ne change pas la thèse de fond. Le coût d'opportunité explique les mouvements de court terme, la dépréciation monétaire justifie la détention de long terme. Un épargnant qui confond les deux risque de vendre au mauvais moment un actif dont la raison d'être n'a pas changé.

Ce scénario n'a rien de réjouissant, et Ingefii ne le souhaite évidemment pas. Mais il devient plus crédible chaque année, et un patrimoine bien construit doit s'en prémunir avant qu'il ne se matérialise, pas après.

L'or, outil de décorrélation dans un portefeuille

Un actif qui ne suit ni les actions ni les obligations

La décorrélation désigne la capacité d'un actif à évoluer indépendamment des autres classes d'actifs d'un portefeuille. L'or remplit bien ce rôle : ses performances ne suivent pas les mêmes ressorts que les marchés actions, portés par les bénéfices des entreprises, ni ceux des marchés obligataires, portés par les taux et le risque de crédit.

L'année 2022 en offre une illustration parlante. Les actions mondiales et les obligations ont chuté en même temps, une configuration rare qui a pris de court la plupart des portefeuilles diversifiés de façon classique. L'or, lui, a terminé l'année quasiment stable en dollars et en hausse en euros. Il a joué son rôle d'amortisseur au moment où les deux piliers traditionnels faisaient défaut.

Ce que la décorrélation change pour le risque global

Ajouter un actif décorrélé réduit la volatilité globale d'un portefeuille, même si cet actif est lui-même volatil. C'est un résultat contre-intuitif mais central de la gestion d'actifs : ce qui compte n'est pas le risque de chaque ligne prise isolément, mais la façon dont les lignes interagissent entre elles.

Une poche d'or de quelques points ne change pas grand-chose à la performance moyenne d'un portefeuille. Elle peut en revanche réduire sensiblement les pertes dans les scénarios les plus défavorables, ceux où actions et obligations souffrent ensemble, typiquement en cas d'inflation durable ou de perte de confiance dans une monnaie.

Cette double fonction, couverture monétaire et désensibilisation du risque global, explique pourquoi Ingefii maintient l'or dans ses allocations malgré la baisse en cours. Nous en détaillions déjà les principes dans notre article sur l'intégration de l'or dans une allocation patrimoniale.

Quelle place donner à l'or en 2026 ?

Autour de 5 % de l'allocation, selon le profil

Ingefii recommande une allocation moyenne d'environ 5 % en or, à moduler selon le profil de chaque investisseur. Ce chiffre n'est pas une règle universelle : un épargnant prudent, proche de la retraite et soucieux de protéger son pouvoir d'achat, peut aller un peu au-delà, tandis qu'un profil dynamique avec un horizon long peut rester en deçà.

Ce niveau répond à un équilibre. En dessous de 2 à 3 %, la poche d'or n'a pas assez de poids pour amortir un choc. Au-delà de 10 %, le coût d'opportunité devient lourd dans les périodes de taux élevés comme celle que nous traversons, et le portefeuille s'expose trop à la volatilité propre du métal.

Horizon moyen et long terme : ignorer le bruit quotidien

L'or se détient dans une logique de moyen et long terme. Qu'il perde 1 % un jour et en regagne 2 % le lendemain ne change rien à la thèse qui justifie sa présence. Ingefii ne pilote pas cette poche au gré des fluctuations hebdomadaires, mais en fonction de l'évolution du risque de fond qu'elle doit couvrir.

Concrètement, la question à se poser n'est pas « l'or va-t-il remonter le mois prochain ? », mais « le risque de dépréciation monétaire a-t-il diminué ? ». Tant que la réponse est non, la poche reste en place, avec des rééquilibrages réguliers pour la maintenir proche de sa pondération cible.

Faut-il profiter de la baisse pour renforcer sa position ?

La baisse du prix de l'or peut être une occasion de reconstituer une poche sous-pondérée, à condition de ne pas chercher à deviner le point bas. Un investisseur qui détient moins que sa cible peut étaler ses achats sur plusieurs mois, ce qui lisse le prix d'entrée et évite le piège du timing parfait.

À l'inverse, celui qui a déjà sa pondération n'a pas de raison particulière de renforcer. Le principe du rééquilibrage fait le travail naturellement : quand l'or baisse et que les actions montent, la poche d'or passe sous sa cible, et on la complète en prélevant sur ce qui a progressé. C'est une discipline simple qui revient à acheter bas et vendre haut sans avoir à prédire quoi que ce soit.

Comment détenir de l'or dans un patrimoine

Plusieurs supports permettent de s'exposer à l'or, avec des avantages et des contraintes différents. Le choix dépend de l'enveloppe utilisée, du montant et de l'objectif poursuivi.

SupportAvantagesPoints de vigilance
Or physique (pièces, lingots)Détention directe, aucun risque de contrepartieFrais d'achat et de revente, stockage, fiscalité spécifique
ETC adossés à de l'or physiqueFrais réduits, liquidité quotidienne, logeable en compte-titresExposition au change euro-dollar, choix de l'émetteur
Fonds d'or en assurance-vieFiscalité de l'assurance-vie, intégration dans une allocation globaleOffre variable selon les contrats, frais de gestion
Actions de sociétés minièresEffet de levier sur le cours du métalRisques propres aux entreprises, volatilité bien supérieure

Pour un patrimoine diversifié, les ETC et les fonds logés en assurance-vie offrent généralement le meilleur compromis entre coût, liquidité et simplicité. L'or physique garde un intérêt pour une fraction de la poche, chez les épargnants qui veulent une détention hors système financier.

Les signaux à surveiller pour le prix de l'or

Quels indicateurs suivre dans les prochains mois ?

Plusieurs variables diront si la pression sur le prix de l'or va durer ou s'inverser. Aucune ne suffit seule, mais leur combinaison donne une lecture fiable de l'environnement.

IndicateurEffet sur l'orCe qu'il faut regarder
Rendements obligataires réelsUne hausse pèse sur l'or, une baisse le soutientTaux à 10 ans américains indexés sur l'inflation
Politique de la FedDes hausses de taux pèsent sur l'orRéunion du FOMC de fin octobre et projections
DollarUn dollar fort pèse sur l'orParité euro-dollar et indice dollar
Achats des banques centralesSoutien structurel sous les coursStatistiques trimestrielles du World Gold Council
Interventions sur les taux longsRenforcent la thèse de dépréciation monétaireRachats de dette du Trésor, achats d'obligations par les banques centrales

Le scénario qui ferait repartir l'or

Le scénario le plus favorable au prix de l'or combinerait un ralentissement économique qui pousse la Fed à s'arrêter, puis à baisser ses taux, et des signes plus nets d'intervention des banques centrales sur les taux longs. Les rendements réels reculeraient, le coût d'opportunité de l'or diminuerait, et la thèse de dépréciation monétaire gagnerait en visibilité. Ce scénario n'est pas pour demain, mais il est cohérent avec la trajectoire des dettes publiques.

Le scénario défavorable verrait les banques centrales tenir durablement des taux réels élevés, avec des États qui redressent réellement leurs finances. Ce serait une excellente nouvelle pour l'économie, et la principale raison de réduire l'or dans les portefeuilles. C'est précisément parce que ce scénario paraît aujourd'hui peu probable qu'Ingefii garde sa poche.

Pour les obligations elles-mêmes, la question du bon moment pour en acheter dépend surtout de la duration choisie, comme nous l'expliquions dans notre article sur le moment d'acheter des obligations et le rôle de la duration. Le même raisonnement par les taux s'applique au cycle du bitcoin, autre actif sans rendement piloté par les flux. Et chaque situation patrimoniale appelle une pondération propre, que les conseillers du cabinet de gestion de patrimoine Ingefii à Bordeaux calibrent selon le profil de chacun.

FAQ – Prix de l'or

Pourquoi le prix de l'or baisse-t-il en 2026 ?

Le prix de l'or baisse en 2026 principalement parce que les rendements obligataires ont fortement progressé. L'or ne verse aucun revenu, alors qu'il est désormais facile de trouver de la dette d'État à près de 5 %. Une partie des capitaux repart donc vers les obligations. La hausse des taux de la Fed du 16 septembre 2026 a renforcé ce mouvement.

L'or est-il encore une valeur refuge ?

L'or reste une valeur refuge, mais contre un risque précis : la dépréciation monétaire. Il ne protège pas contre chaque crise géopolitique à court terme, car son prix dépend d'abord du niveau des taux d'intérêt réels. Sur le long terme, sa rareté et l'impossibilité de l'imprimer en font une protection contre la perte de valeur des monnaies.

Quelle part d'or faut-il avoir dans son patrimoine ?

Ingefii recommande une allocation moyenne d'environ 5 % en or, à moduler selon le profil de l'investisseur. Un profil prudent peut aller un peu au-delà, un profil dynamique rester en deçà. En dessous de 2 à 3 %, la poche n'amortit pas les chocs ; au-delà de 10 %, le coût d'opportunité devient lourd en période de taux élevés.

Faut-il acheter de l'or maintenant que son prix a baissé ?

Acheter de l'or après une baisse est pertinent pour compléter une poche inférieure à sa cible, à condition d'étaler les achats sur plusieurs mois. Chercher le point bas exact est illusoire. Un investisseur déjà à sa pondération n'a pas besoin de renforcer : le rééquilibrage régulier suffit à acheter quand l'or baisse et à alléger quand il monte.

Quel lien entre les taux d'intérêt et le prix de l'or ?

Les taux d'intérêt pèsent sur le prix de l'or à travers le coût d'opportunité. Quand les taux réels montent, détenir un actif sans revenu coûte plus cher en rendement abandonné, et l'or tend à baisser. Cette relation n'est pas mécanique : entre 2022 et 2025, les achats massifs des banques centrales ont soutenu l'or malgré la hausse des taux.

Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour toute situation spécifique, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion de patrimoine.

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