Le déficit public désigne l'écart entre ce que l'ensemble des administrations publiques dépense et ce qu'il perçoit au cours d'une année. En 2025, il atteint 152,5 milliards d'euros en France, soit 5,1 % du PIB selon l'Insee. Ce chiffre est connu. Ce qui l'est beaucoup moins, c'est sa provenance réelle.
Les comptes officiels attribuent l'essentiel du déficit à l'État. Une lecture alternative, proposée par le haut fonctionnaire Jean-Pascal Beaufret, retraite les transferts entre administrations et aboutit presque à l'image inverse : l'État pèse peu, les collectivités et la protection sociale pèsent lourd, et les retraites représentent près de la moitié du déficit total.
Comprendre cette différence n'est pas un exercice comptable abstrait. C'est ce qui permet de savoir où se trouvent les vrais leviers d'ajustement, et donc qui, demain, supportera l'effort. Nous détaillons ici les deux manières de découper le déficit, les raisons pour lesquelles les chiffres votés sur les collectivités sont trompeurs, la place réelle des retraites, et le seul levier qui répond à deux problèmes à la fois.
Source : cet article est tiré d'une interview avec Chauncey Schmitt, Directeur de la Gestion Privée chez Ingefii, cabinet de gestion de patrimoine à Bordeaux, dans l'épisode « Les conséquences sur les placements des Français » du podcast Ingefii.
Points clés à retenir
- Déficit total et déficit primaire : les 5,1 % de 2025 incluent 64,7 Md€ d'intérêts. Hors intérêts, le déficit primaire reste d'environ 88 Md€ : même avec une dette gratuite, la France ne serait pas à l'équilibre.
- Deux lectures opposées : les comptes officiels répartissent le déficit en 4,4 points pour l'État, 0,5 pour les collectivités et 0,2 pour la sécurité sociale. Le retraitement de Beaufret donne 0,4, 2,1 et 2,6 points.
- L'État est un guichet : ses transferts vers les collectivités et la protection sociale représentent près de 75 % des recettes fiscales totales. Il emprunte pour des dépenses décidées ailleurs.
- Les retraites sont une couche, pas une ligne : logées à quatre endroits différents, elles pèsent environ 45 % du déficit total une fois additionnées.
- Le problème n'est pas un problème de recettes : la France prélève environ 150 Md€ de plus que la moyenne européenne et affiche malgré tout 152 Md€ de déficit.
- L'emploi des seniors : taux d'emploi des 55-64 ans de 58,4 % en France contre 74,7 % en Allemagne. C'est le seul levier qui élargit la base fiscale et réduit le déficit des retraites en même temps.
Sommaire
- Le déficit français cumule un problème de stock et un problème de flux
- Deux découpes du même déficit à ne jamais mélanger
- L'État n'est pas le coupable, il est le guichet
- Pourquoi les chiffres des collectivités sont trompeurs
- Les retraites, une couche logée à quatre endroits
- Recettes : le mur du consentement à l'impôt
- L'emploi des seniors, le levier qui règle deux problèmes
- FAQ : d'où vient le déficit public français
Le déficit français cumule un problème de stock et un problème de flux
Qu'est-ce que le problème de stock ?
Le problème de stock désigne le coût croissant de la dette déjà accumulée. Fin 2025, la dette publique atteint 3 460,5 milliards d'euros, soit 115,6 % du PIB. Le taux moyen payé sur ce stock est de 2,2 %, un niveau bas hérité des années de taux zéro. Mais la France refinance aujourd'hui sa dette autour de 4,5 % à dix ans, et chaque euro qui arrive à échéance est remplacé par un euro plus cher.
Ce mécanisme, détaillé dans notre analyse de l'effet boule de neige qui fait basculer la dette française en 2026, ne dépend d'aucune décision politique. C'est de l'arithmétique de refinancement : un tapis roulant, pas un choc.
Qu'est-ce que le problème de flux ?
Le problème de flux désigne l'incapacité à équilibrer le budget courant, indépendamment du coût de la dette. Chauncey Schmitt le formule simplement : imaginons que notre dette ne nous coûte rien, est-ce qu'on arrive à tenir un budget ? La réponse est non. Hors charge d'intérêts, la France dépense encore environ 88 milliards d'euros de plus qu'elle ne perçoit.
Ce déficit primaire alimente le stock chaque année. Les deux problèmes s'additionnent : le stock coûte de plus en plus cher à porter, et le flux continue de le grossir. Régler l'un sans l'autre ne suffit pas.
Pourquoi le 5,1 % est-il souvent mal interprété ?
Le chiffre de 5,1 % est le déficit total, intérêts inclus. Ce n'est pas le déficit primaire. La formule la plus juste est la suivante : les 5,1 %, c'est ce que la France emprunte cette année, et les intérêts qu'elle paie, elle les emprunte aussi.
Cette précision compte, car la décomposition de Beaufret que nous détaillons plus bas porte sur ce déficit total. Confondre total et primaire conduit à des erreurs de raisonnement sur l'origine du problème.
Deux découpes du même déficit à ne jamais mélanger
Quelle est la découpe temporelle ?
La découpe temporelle sépare le passé du présent. Sur 152 milliards d'euros de déficit en 2025, environ 65 milliards correspondent aux intérêts, c'est-à-dire au passé qu'on paie. Les 88 milliards restants correspondent au déficit primaire, c'est-à-dire au présent qu'on ne finance pas.
Cette lecture est utile pour comprendre la dynamique. La part des intérêts va mécaniquement croître avec le refinancement de la dette, alors que la part primaire dépend des choix budgétaires de chaque année.
Quelle est la découpe fonctionnelle ?
La découpe fonctionnelle répartit le déficit selon l'administration qui le produit. Dans la lecture de Beaufret, les 152 milliards se répartissent en environ 78 milliards pour la sécurité sociale, 63 milliards pour les collectivités et 12 milliards pour l'État.
Ces deux découpes décrivent le même gâteau, coupé dans deux sens différents. Elles ne doivent jamais être combinées dans une même phrase : dire que « les intérêts de la sécurité sociale » représentent telle part du déficit n'a pas de sens dans ce cadre.
| Découpe | Composantes (2025) | Ce qu'elle permet de comprendre |
|---|---|---|
| Temporelle | 65 Md€ d'intérêts + 88 Md€ de déficit primaire | La dynamique : ce qui monte mécaniquement et ce qui dépend du budget |
| Fonctionnelle (Beaufret) | 78 Md€ sécurité sociale + 63 Md€ collectivités + 12 Md€ État | Les responsabilités : qui décide la dépense |
L'État n'est pas le coupable, il est le guichet
Que disent les comptes officiels ?
Les comptes nationaux publiés par l'Insee répartissent le déficit 2025 de la manière suivante : 4,4 points de PIB pour l'État et les organismes qui en dépendent, 0,5 point pour les collectivités territoriales et 0,2 point pour la sécurité sociale. En montants, l'État et les ODAC affichent un solde de -130,3 milliards, les collectivités -15,6 milliards, la sécurité sociale -6,7 milliards.
Ces chiffres sont exacts. Ils décrivent qui signe l'emprunt. Ils ne décrivent pas qui décide la dépense.
Que change le retraitement de Beaufret ?
Jean-Pascal Beaufret propose d'imputer le déficit au sous-secteur qui décide la dépense, et non à celui qui porte l'emprunt. Une fois les transferts retraités, la répartition devient : 0,4 point pour l'État, 2,1 points pour les collectivités, 2,6 points pour la sécurité sociale. C'est presque l'image inverse de la lecture officielle.
Chauncey Schmitt invite d'ailleurs les spectateurs de l'épisode à se renseigner directement sur ces travaux. Il y voit le signe d'un travail de transparence qui progresse depuis quelques années sur les finances publiques françaises.
Pourquoi l'écart entre les deux lectures est-il si grand ?
L'écart s'explique par le poids des transferts. Les versements de l'État vers les collectivités et vers la protection sociale représentent près de 75 % des recettes fiscales totales. L'État collecte, puis redistribue une grande partie de ce qu'il perçoit à d'autres administrations qui dépensent.
Conséquence : quand ces administrations dépensent plus que ce qu'elles reçoivent, c'est l'État qui comble la différence par l'emprunt. Le déficit apparaît dans ses comptes, alors que la décision de dépense a été prise ailleurs. L'État n'est pas le coupable, il est le guichet.
Pourquoi les chiffres des collectivités sont trompeurs
Les administrations publiques locales (APUL) regroupent environ 35 000 communes, 1 250 intercommunalités, 101 départements, 18 régions et de nombreux organismes divers. Elles représentent environ 300 milliards d'euros de dépenses, près de 2 millions d'agents et 250 milliards d'euros de dette. Leur quasi-équilibre affiché repose pourtant sur quatre mécanismes qui masquent leur contribution réelle.
La règle d'or produit-elle un vrai équilibre ?
La règle d'or interdit à une collectivité d'emprunter pour financer son fonctionnement. Sa section de fonctionnement est donc équilibrée par construction légale. Le quasi-équilibre affiché n'est pas une performance de gestion, c'est un artefact juridique.
Que reste-t-il de l'autonomie fiscale locale ?
L'autonomie fiscale des collectivités est tombée autour de 50 %. La suppression de la taxe d'habitation puis celle de la CVAE ont été compensées par des fractions de TVA et des dotations versées par l'État. La dépense reste décidée localement, mais son financement dépend de plus en plus du budget national. Le déficit apparaît donc nationalement, là où la décision n'a pas été prise.
Qui vote réellement la dépense locale ?
Personne ne vote l'agrégat. Le projet de loi de finances vote les crédits de l'État, le projet de loi de financement de la sécurité sociale vote la sécurité sociale. Les 300 milliards de dépense locale sont la somme de plus de 35 000 votes autonomes. Le chiffre présenté comme « voté » pour les collectivités n'est pas une décision, c'est une prévision.
Où apparaît la CNRACL ?
La CNRACL, caisse qui verse les retraites des fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, est structurellement déficitaire. Ce déficit n'apparaît dans aucun budget local. C'est l'une des raisons pour lesquelles les retraites, comme nous allons le voir, échappent à une lecture budgétaire simple.
Les retraites, une couche logée à quatre endroits
Les retraites sont probablement le point pivot de toute la discussion sur le déficit français. Elles ne se trouvent pas dans une ligne unique du budget. Elles forment une couche répartie dans plusieurs comptes, ce qui rend leur poids réel difficile à percevoir.
Où sont logées les dépenses de retraite ?
La première localisation est la sécurité sociale, avec le régime général. C'est le seul endroit où le grand public pense qu'elles se trouvent. La deuxième est le budget de l'État : les retraites des fonctionnaires d'État n'ont pas de caisse, elles sont payées par une contribution employeur imputée aux budgets des ministères. La retraite d'un enseignant est ainsi une dépense de l'Éducation nationale.
La troisième localisation se trouve dans les budgets locaux et hospitaliers, via la CNRACL. La quatrième concerne les régimes spéciaux, financés par des subventions d'équilibre. Beaufret chiffre l'ensemble des contributions d'équilibre des employeurs publics à 53 milliards d'euros, dont environ 20 milliards de vraie cotisation et 33 milliards de subvention déguisée.
Quel est le poids réel des retraites dans le déficit ?
La ligne sécurité sociale pèse 2,6 points dans le retraitement de Beaufret. Mais en suivant les retraites partout où elles sont logées, tous employeurs confondus, on arrive à environ 45 % du déficit total. C'est le chiffre que Chauncey Schmitt met en avant dans l'épisode, en précisant que le reconnaître n'a rien d'une volonté de viser les retraités : c'est le constat de réformes qui n'ont pas été faites à temps, là où plusieurs pays voisins les ont engagées.
Les retraites ne sont pas mal gérées. Elles sont mal comptées. Et on ne réforme jamais ce qu'on ne compte pas.
Comment la France se situe-t-elle en Europe ?
Les dépenses de retraite atteignent 14,2 % du PIB en France, soit environ 400 milliards d'euros, contre 12,5 % en moyenne dans l'Union européenne. La France représente 15 % de la population européenne, 17,5 % des retraités européens et 19 % des dépenses de retraite de l'Union.
| Indicateur | France | Référence européenne |
|---|---|---|
| Dépenses de retraite | 14,2 % du PIB (environ 400 Md€) | 12,5 % du PIB (moyenne UE) |
| Part de la population européenne | 15 % | 100 % |
| Part des retraités européens | 17,5 % | 100 % |
| Part des dépenses de retraite européennes | 19 % | 100 % |
La non-indexation des pensions est-elle une solution ?
La non-indexation des pensions consiste à ne pas revaloriser les retraites au niveau de l'inflation. Ce n'est pas une hypothèse : la pratique a déjà été utilisée à plusieurs reprises depuis 2014. Sur 400 milliards de pensions, un point de sous-indexation rapporte environ 4 milliards d'euros la première année.
La mesure ne règle donc rien à elle seule, elle étale. Pour le retraité, l'effet est une perte de pouvoir d'achat lente, cumulative et permanente, invisible d'une année sur l'autre. C'est précisément ce qui la rend politiquement possible. Chauncey Schmitt en tire une conclusion pratique : l'intérêt de se constituer une retraite complémentaire par capitalisation dès maintenant, plutôt que de compter sur le maintien du pouvoir d'achat des pensions.
L'épisode évoque aussi la suppression de l'abattement de 10 % pour frais professionnels sur les pensions, une mesure qui revient régulièrement dans le débat. Sa logique initiale, pensée pour des revenus d'activité, se discute pour des revenus de remplacement.
Recettes : le mur du consentement à l'impôt
Réduire un déficit ne passe que par deux leviers : augmenter les recettes ou réduire les dépenses. Il n'existe pas de troisième option. Côté recettes, la marge française est particulièrement étroite.
La France est-elle le pays le plus taxé d'Europe ?
La France prélève 45,3 % de son PIB en prélèvements obligatoires en 2024, selon la série de comparaison européenne de l'Insee. Elle se situe juste derrière le Danemark à 45,8 % et devant la Belgique à 45,1 %, pour une moyenne de l'Union européenne à 40,4 %. Le rang s'inverse selon les années : la formulation exacte est que la France joue chaque année la première place avec le Danemark.
Une précision de méthode : la série des comptes nationaux français donne 43,6 % pour 2025, car elle n'intègre pas les cotisations imputées. Les deux chiffres viennent de l'Insee. Le premier sert aux comparaisons européennes, le second à la lecture de la France seule.
Que signifie un écart de cinq points avec la moyenne européenne ?
Cinq points de PIB représentent environ 150 milliards d'euros de recettes supplémentaires chaque année par rapport à un pays dans la moyenne européenne. Et la France affiche malgré tout 152 milliards de déficit. Le problème français n'est pas un problème de recettes.
Nous avions déjà posé cette question dans notre article peut-on encore augmenter les impôts en France. La décomposition du déficit renforce la conclusion : même un effort fiscal supplémentaire ne toucherait pas la source principale du déséquilibre.
La courbe de Laffer s'applique-t-elle à la France ?
La courbe de Laffer décrit l'idée qu'au-delà d'un certain niveau, une hausse des taux d'imposition cesse d'augmenter les recettes, car les contribuables adaptent leurs comportements. Personne ne conteste que cette courbe existe. Le débat porte sur l'endroit de son sommet.
Il faut éviter la version forte, selon laquelle toute hausse de taux ferait baisser les recettes : en 2025, la France a adopté 23 milliards d'euros de mesures fiscales nouvelles et le taux de prélèvement a bien progressé de 0,9 point. En revanche, deux indices concordants suggèrent qu'on approche du sommet : 40,1 milliards d'euros de moins-values fiscales sur la seule année 2024, sans aucune baisse de taux, et la nécessité de reconduire chaque année des taxes présentées comme exceptionnelles.
L'emploi des seniors, le levier qui règle deux problèmes
Les Français travaillent-ils moins que les Allemands ?
Par actif occupé, les Français travaillent davantage : 1 607 heures par an contre 1 548 en Allemagne, soit 59 heures de plus. L'intuition courante selon laquelle « les Français travaillent moins » est fausse à l'échelle de celui qui a un emploi.
L'écart n'apparaît que par habitant : 666 heures en France contre 724 en Allemagne. Il vient du nombre de personnes qui travaillent, pas du temps de travail de chacun. Le taux d'emploi des 15-64 ans est de 68,4 % en France contre 77,4 % en Allemagne, et de 58,4 % contre 74,7 % chez les 55-64 ans.
| Indicateur | France | Allemagne |
|---|---|---|
| Heures travaillées par actif occupé | 1 607 h | 1 548 h |
| Heures travaillées par habitant | 666 h | 724 h |
| Taux d'emploi 15-64 ans | 68,4 % | 77,4 % |
| Taux d'emploi 55-64 ans | 58,4 % | 74,7 % |
Pourquoi élargir la base plutôt que relever les taux ?
Élargir la base fiscale consiste à augmenter le nombre de contribuables et de cotisants plutôt que de taxer davantage ceux qui paient déjà. Dans l'épisode, Chauncey Schmitt évoque ce levier comme le plus prometteur côté recettes : réduire le chômage, c'est augmenter mécaniquement le nombre de cotisants et d'assujettis à l'impôt.
Le levier n'est donc pas « travailler plus », c'est « réduire la part de ceux qui ne travaillent pas ». Il se heurte toutefois à une contradiction : une politique d'austérité est récessive, et ce n'est pas en période de récession que l'on fait baisser le chômage.
Pourquoi l'emploi des seniors est-il un levier double ?
L'emploi des seniors est le seul endroit du diagnostic où une même solution répond à deux problèmes. Augmenter le taux d'emploi des 55-64 ans élargit la base fiscale et sociale, donc les recettes. Il réduit aussi le nombre d'années de pension versées et améliore le ratio entre actifs et retraités, donc le déficit des retraites.
C'est la bonne nouvelle de ce diagnostic. Elle ne rend pas l'ajustement indolore, mais elle montre qu'il existe au moins une réforme qui ne se contente pas de déplacer la charge. Les autres voies, de la croissance à l'austérité imposée, sont examinées dans notre analyse des quatre portes de sortie de la dette française.
Quelle conséquence pour l'épargnant ?
Si les retraites pèsent près de la moitié du déficit, il est difficile d'imaginer qu'elles soient épargnées par un effort d'ajustement, qu'il soit choisi ou imposé. Chauncey Schmitt en tire un message sans ambiguïté : compter le moins possible sur l'État, épargner pour sa retraite par ses propres moyens, et ne pas laisser dormir son épargne.
Pour l'épargnant, la question devient celle de la forme que prendra l'ajustement : impôt, blocage ou érosion monétaire. Nous détaillons cette grille dans notre article sur les deux risques qui pèsent sur les placements face à la dette publique. C'est aussi l'objet du travail mené avec chaque client par les équipes d'Ingefii, cabinet de gestion de patrimoine à Bordeaux : partir du constat, puis identifier les ajustements possibles plutôt que subir la situation.
FAQ : d'où vient le déficit public français
Quel est le montant du déficit public de la France en 2025 ?
Le déficit public de la France atteint 152,5 milliards d'euros en 2025, soit 5,1 % du PIB selon l'Insee. Ce chiffre inclut 64,7 milliards d'euros de charge d'intérêts sur la dette. Hors intérêts, le déficit primaire est d'environ 88 milliards d'euros. La dette publique s'élève à 3 460,5 milliards d'euros fin 2025, soit 115,6 % du PIB.
Quelle est la différence entre déficit primaire et déficit total ?
Le déficit primaire est le déficit hors charge d'intérêts de la dette, alors que le déficit total inclut ces intérêts. Le premier mesure la capacité à financer les dépenses courantes avec les recettes de l'année. Le second mesure le besoin d'emprunt réel. En France en 2025, le déficit total de 152 milliards se compose d'environ 65 milliards d'intérêts et de 88 milliards de déficit primaire.
Qui est Jean-Pascal Beaufret et que disent ses travaux sur le déficit ?
Jean-Pascal Beaufret est un haut fonctionnaire dont les travaux retraitent les transferts entre administrations publiques pour imputer le déficit à celui qui décide la dépense. Sa lecture de 2025 attribue 0,4 point de déficit à l'État, 2,1 points aux collectivités et 2,6 points à la sécurité sociale. Les comptes officiels donnent presque l'inverse : 4,4, 0,5 et 0,2 point. Ses travaux montrent aussi que les retraites pèsent environ 45 % du déficit total.
Pourquoi les retraites pèsent-elles autant dans le déficit français ?
Les retraites pèsent environ 45 % du déficit total parce qu'elles sont logées à quatre endroits : le régime général de la sécurité sociale, le budget des ministères pour les fonctionnaires d'État, la CNRACL pour les fonctionnaires territoriaux et hospitaliers, et les subventions aux régimes spéciaux. La France y consacre 14,2 % de son PIB, soit environ 400 milliards d'euros, contre 12,5 % en moyenne dans l'Union européenne.
Les collectivités locales sont-elles à l'équilibre budgétaire ?
Les collectivités affichent un quasi-équilibre, mais il résulte de la règle d'or qui leur interdit d'emprunter pour leur fonctionnement. Leur autonomie fiscale est tombée autour de 50 % après la suppression de la taxe d'habitation et de la CVAE, et leur dépense dépend de transferts de l'État. Une fois ces transferts retraités, elles contribuent à environ 2,1 points de PIB de déficit.
La France peut-elle réduire son déficit en augmentant les impôts ?
La marge est très faible. La France prélève 45,3 % de son PIB, juste derrière le Danemark, soit environ 5 points de plus que la moyenne européenne à 40,4 %. Cela représente environ 150 milliards d'euros de recettes supplémentaires par an, pour un déficit qui reste de 152 milliards. Le levier le plus efficace côté recettes est l'élargissement de la base, notamment par la hausse du taux d'emploi des seniors.
Cet article est publié à titre informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Les chiffres cités proviennent de l'Insee, de l'Agence France Trésor et des travaux de Jean-Pascal Beaufret, et peuvent évoluer avec les publications ultérieures. Pour toute situation spécifique, nous vous recommandons de consulter un conseiller en gestion de patrimoine.






